Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Quelle place pour la culture ?

Respectable Loge, Victor Schœlcher 86, Orient de Paris, Région 14 Paris 4 et Loges d'Europe de l'Est

Mots Clefs : CultureDécouverteHumanitéPartageTransmission

Pourquoi la culture ?

Nous rappelons le rôle fondamental de la culture pour chacun : la culture, c’est ce qui nous permet de nous élever au-dessus de notre nature, en développant les dispositions que nous offre notre condition d’homme, à savoir raisonner, c’est ce qui fonde notre possibilité d’humanité. C’est ce qui permet de partager une éthique de vie.

Cette crise du Covid nous a rappelé, parfois de manière cruelle, l’importance des rites culturels, notamment funéraires, et comment ne pas pouvoir accompagner ses morts, accomplir ces rites mortuaires, est quelque chose de déshumanisant.

La culture, c’est à la fois la préservation du passé, d’un patrimoine culturel et de sa transmission, mais aussi, au présent, soutenir la création artistique, réfléchir au statut de l’artiste et contribuer à la transmission de la culture. Certains de nos Frères et Sœurs dont c’est le métier de travailler dans ce domaine de la culture, ont été et sont directement et durablement impactés par cette crise.

Partage de la culture

Cette crise nous a fait prendre conscience de notre fragilité, de la fragilité de notre liberté. Le confinement a rendu d’un coup impossible ce qui nous paraissait jusque-là naturel, et à quoi nous ne réfléchissions pas forcément : aller voir des spectacles vivants, théâtre, concerts, danse, etc., aller voir des expositions, aller dans les librairies : nous le savons, l’offre culturelle, en France, est particulièrement riche.

Si cette offre n’a pas réellement manqué, pendant ce confinement (nombreuses ont été les initiatives, de la part de théâtres, de salles de concerts, d’artistes, etc., pour mettre en ligne gratuitement des spectacles), et que par ailleurs beaucoup d’entre nous ont retrouvé le plaisir de la lecture, ce qui a manqué, c’est le partage.

Rappelons ici les propos d’Alexander Neef, directeur de l’Opéra de Paris : « Sans les arts vivants, nous sommes privés de l’essentiel de notre vivre ensemble. » et « L’essence des arts du spectacle, c’est de se retrouver dans un endroit confiné pour partager une expérience collective et en sortir avec des conclusions individuelles. »

Éléments maçonniques

« Consommer » de la culture chez soi, derrière un écran, n’exclut évidemment pas d’en éprouver des émotions, d’en tirer une réflexion, etc., mais ce n’est pas la même chose que d’être « confinés » avec d’autres dans une salle de spectacle, face à des artistes vivants qui nous font partager, avec le risque que comporte le côté performance du spectacle vivant, un moment unique.

Ne peut-on dire la même chose à propos de la franc-maçonnerie ? Ce n’est pas pour rien que l’assiduité au travail en Loge est une exigence, quelque chose d’unique se vit et se partage à chaque Tenue.

Un autre point est la question de l’effort que demande le fait de se cultiver : de la même manière que nous devons dégrossir notre pierre brute, se cultiver demande aussi d’aller vers des œuvres qui ne sont pas forcément immédiatement accessibles.

 Citons ici les propos du metteur en scène Tiago Rodrigues, directeur du théâtre national Dona Maria II, à Lisbonne : « Nous soutenons les artistes aujourd’hui pour qu’il y ait demain des artistes prêts à imaginer ce que l’on ne sait pas encore. »

Cette crise, qui est venue nous interroger sur l’humanité que nous partageons, nous invite à réfléchir à l’importance de la culture, mais aussi au statut de l’artiste de spectacle vivant et, plus largement, aux modèles de transmission de la culture.

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