Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Redonner goût à l’École républicaine

Respectable Loge, La Défense Laïque, Orient de Paris, Région 11 Paris 1

Mots Clefs : ÉcoleEnseignementPacte républicainPacte socialSocle socialTransmission

Un passé glorieux et après ?

Tout le monde s’accorde sur l’excellence du modèle de l’école républicaine de la Troisième République avec une nostalgie plus ou moins prononcée pour les uns ou pour les autres. Pourquoi nous n’arrivons pas à reproduire ce modèle de nos jours et surtout pourquoi l’école n’est plus un vecteur d’intégration comme il le fut ?

On pourrait porter la faute sur la démocratisation de masse qui change par nature les enseignements, mais rappelons que cette démocratisation concerne davantage les études supérieures et nous l’accès à l’École qui confère en principe des bases solides pour s’intégrer en société. Le transfert des enseignements dans les cycles dits supérieurs a appauvrit les bases culturelles et surtout civiques de nos concitoyens. En effet, on regrette souvent l’éducation civique à l’École, mais en mesure-t-on réellement les conséquences ? A notre humble avis, une des conséquences est que la vocation des enseignants en est touchée. Le sens de l’intérêt général n’arrive plus à combattre le dictat de l’intérêt particulier prôné par la consommation de masse. Nous n’arrivons plus à retrouver des vocations qui naissaient par l’admiration des aînés qui nous transmettaient des savoirs, mais aussi des valeurs. Ces aînés, et souvent nos aînés francs-maçons, donnaient du sens à leur métier et ils l’exerçaient en véhiculant un exemple. Combien de nos enseignants aujourd’hui font ce métier pat dépit, spécialement dans les zones dites sensibles ?

L’École plus qu’un média de connaissances

L’École républicaine n’est pas qu’un réservoir de savoir dont les enseignants seraient les caissières. Cette conception de fonctionnaires appliquant strictement et bêtement un programme sans y mettre une once d’âme est tout simplement insupportable. L’École est la forge de la citoyenneté. Si Tocqueville disait que la vie communale est « l’École de la démocratie », l’École est le berceau de la citoyenneté. Il nous faut retrouver les vocations de nos maîtres d’écoles qui formaient la chaîne citoyenne, hier. C’est une condition indispensable pour réenclencher le cercle vertueux de la transmission de valeur.

Un discours entendu ces dernières années marquait un refus des professeurs d’éduquer les enfants, invoquant qu’ils n’étaient là que pour enseigner et non pour éduquer. Le nom même de leur Institution de tutelle, l’Éducation nationale, montre que ce virage en contre-sens est symptomatique de la situation. L’École de la Troisième République ne se retrouvera jamais car le passé est le passé et qu’espérer un retour en arrière n’est ni plus ni moins que de la nostalgie ou pire un terreau pour le nationalisme. Par contre, il est possible de travailler sur les motivations des uns et des autres à se dépasser dans la tâche qui leur est dévolue par que seule rémunérée.

Redonner le sens de l’accompagnement et de la transmission au-delà du savoir

Les enseignants sont aujourd’hui mal menés en termes de rémunération et de conditions de travail. Au niveau européen, ils ne sont pas parmi ceux qui travaillent le moins et sont ceux qui prennent en charge le plus d’élève en effectif. Ils sont avant-avant dernier dans le niveau de rémunération. C’est une population jeune qui à moins de 50 ans pour 70% et qui a un niveau de qualification dans les plus élevé en Europe. Les motivations d’entrer dans l’enseignement sont en dessous de la moyenne européenne en ce qui concerne le statut social procuré, mais au-dessus de la moyenne européenne en ce qui concerne les avantages personnels. La balance avantages/inconvénients ne peut dès lors qu’être en la défaveur de l’idéal républicain d’accompagnement des élèves, d’ascenseur social et de méritocratie. Les tentatives de discrimination positive pour les jeunes issus de zones périurbaines et de zones rurales en sont la preuve. Il faut reconsidérer les enseignements et favoriser leur accompagnement de talents vers la réussite. L’accompagnement humain fera toujours plus de citoyens accomplis que des politiques publiques sur critères (applicables ou non). Il faut redonner cet exemple du Professeur accompagnant et vecteur d’élévation aux élèves mais aussi aux enseignants pour remettre en marche le cercle vertueux de la transmission de vocation par l’exemple.

Revaloriser la fonction, la mission et la rémunération des enseignants

Favoriser l’accompagnement des élèves dans leur parcours de réussite

Travailler sur les vocations et montrer par l’exemple dans les cycles de formation des enseignants, les retours d’élèves accompagné par des duos mentor-élève qui ont donné des succès

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