Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Quelle première leçon utopique tirer de cette pandémie ?

Respectable Loge, La Parfaite Harmonie, Orient de Clermont-Ferrand, Région 5 Centre

Mots Clefs : DéontologieÉthiquePartageProfitResponsabilité

Nous sommes bien tous sur la même barque

Contrairement et n’en déplaise aux fâcheux de tout bord ce virus ne détruit pas la vie et les familles que des Noirs, des Maghrébins, des Juifs, des homos, des Blancs croyants ou athées, des Jaunes, que des Francs-Maçons et autres Roms ou exilés et malheureux de ce monde. Nous sommes bien tous sur la même barque, une humanité qui a encore des conflits armés, des famines, des querelles de clocher ou des désaccords de famille à régler, et aussi des tensions internes au fond de chacun…

Ne voyons pas dans les événements récents un quelconque châtiment divin, trop facile : on tient déjà le coupable. Nous devrons par contre voir dans ce désordre une occasion de nous réaliser dans ce que l’on peut voir de meilleur en l’homme, le don de soi, le gratuit.

Par notre propre choix, par notre libre arbitre, nous avons délibérément opté et adoré le système du profit extrême, réalisé sur le dos de plus faibles. Mais pour consommer, quel que soit le niveau où on se situe, il faut bien qu’un autre mette les mains dans le cambouis. Ce système n’a qu’un défaut : il ne doit pas freiner et encore moins s’arrêter. La vision se bâtit à court et moyen termes, et suppose que l’homme tout-puissant trouve toujours une solution rentable au problème.

Comment nous transformer de façon durable et éthique ?

Cette covid19 préfigure ce qui nous attend dans un avenir proche, si nous ne prenons pas garde à une pollution sans limite, à l’utilisation et au non-recyclage des déchets, notamment des plastiques, à l’épandage des pesticides et à la déforestation sans modération, à l’élevage industriel, à l’abattage et à la souffrance animale, etc. pour le profit.

Et si nous sortions du principe de profit ?

Si tout était gratuit, aurais-je le droit de tout posséder ? Voilà bien une question saugrenue !

Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans le gratuit. Nous restons dans la quantité de production pour plus de profit. Nous ne comprenons notre bonheur qu’en le perdant. La société que nous avons bâtie, avec et par le profit est adossée à un système bancaire qui reste loin, très loin, d’une notion de partage ou, a minima, d’être au service de la société. Est-il normal que le système de créances conçu par l’humain, reste au seul profit d’une poignée de personnes qui le contrôlent ? L’unique course au profit démontre maintenant sa limite par cette accélération d’accumulation des biens, ainsi que la soumission des personnes, voire des Etats. Un exemple criant, il y a quelques années : après la crise de 2008, les banques furent renflouées par centaines de milliards d’argent public, pour relancer les prêts bancaires aux plus faibles entreprises et particuliers, et la première des décisions fut de verser des dividendes en hausse, en toute impunité, parce que les Etats eux-mêmes sont endettés à vie auprès des banques et marchés financiers. Ces grands argentiers démunis de toute déontologie, sans la moindre éthique, notent la capacité de ces Etats, donc des peuples, à rembourser leurs dettes et spéculent dessus sans scrupule, et cela est leur moindre défaut, puisqu’ils tiennent aussi les médias, faussant l’information et finançant les élus, sans se culpabiliser.

L’un des principes fondamentaux des banques, et on peut le voir à titre individuel et national, c’est de nous rendre esclaves de nos dettes. Les particuliers peuvent contracter une dette sur plusieurs générations, les Etats ne solderont jamais leurs emprunts et ne paieront que les intérêts sans fin. 

Comment avoir une société libre et éthique quand les décideurs politiques de tous bords sont aidés, sont sollicités par des sociétés privées et leurs cohortes de lobbyistes ?

Le temps est peut-être venu de réfléchir en tant qu’humanité responsable (et les désordres récents le démontrent). Tout peut être partagé quand il y a un but commun et une évidence de survie.

Les politiques devront aussi se métamorphoser de l’intérieur. Il paraît surprenant qu’une société créant des élites issues des grandes écoles de la République soient aussi déconnectées des problèmes et des solutions qu’il convient d’apporter au peuple, aux cons-tribuables qu’il devrait servir ?

La populace, par sa véhémence, nous a montré toute sa force et, si le besoin s’en fait sentir, toute sa détermination. Ces gnous ne sont pas exempts de méfaits. Les exactions qu’ils peuvent commettre restent toutefois des actes désespérés, face à cette élite avide et impunie.

Comment transformer toute une population, comment l’aider à se dépasser ?

Ce travail se réalise dans toutes les sociétés initiatiques. Il commence par une volonté des individus assistés par des personnes dépositaires d’un idéal social, sociétal, philosophique et spirituel. Le cherchant se laisse guider par une main responsable qu’il espère, qu’il attend. C’est une situation qui s’est dégradée entre les citoyens et nos représentants.

Dans tout nouveau changement une mise à nu et une soumission, positive, une confiance reste la base d’une relation respectueuse et sincère entre l’impétrant et le guide. Tout n’est pas dû, mais l’essentiel doit être reçu. Après, le travail, loin d’être une souffrance, peut, doit se transformer en lien social que l’on apprécie, une valorisation de l’être, une acceptation de soi et un respect de l’autre.

Comment trouver une solution ? Que faire ?

Si l’indispensable, pendant le confinement, était gratuit (les cinquante produits indispensables), pas de salaires aux personnes confinées, pas de taxes, pas d’impôts, ni de remboursement de crédits, ni de loyer. La vie économique fait une pause sanitaire, puis repart. Alors que nous allons emprunter cinq cent milliards sur les marchés, et ce n’est que le début. Quelle utopie !!!

Pas de remède miracle, il faudra bien évidemment que les têtes pensantes de ce pays prennent le problème à bras-le-corps, faute d’être rapidement dépassées. Toutefois une idée, qui devra être adaptée, d’un groupe à une population. Il sera nécessaire, bien avant de commencer ces mutations profondes, de demander, par référendum, l’accord d’un pourcentage élevé de la population.

Les sociétés initiatiques proposent dans leur parcours une phase très intéressante qui pourrait être adaptée. Cette phase, qui annonce un changement radical pour l’impétrant, c’est l’initiation, qui amène celui-ci d’un modèle ancien d’existence, à agir, penser, réfléchir, vouloir évoluer, changer, renaître de lui-même. De ce désir initial peut se créer un idéal universel, nécessaire pour notre survie. Le bien commun de l’humanité ne passe-t-il pas par la réduction, pour un temps, de certaines libertés que des minorités outrepassent ? D’aucunes personnes bien-pensantes, qui n’existent que par leurs capacités à diviser, seraient-ils prêts à regagner cette liberté première après un temps d’adaptation et de réflexion où le vivre ensemble et le respect commun retrouveraient une place importante dans notre société ? Ceux qui se sont fait déborder par les gilets jaunes, se trouveraient sans autre possibilité que de suivre, puisqu’un nouveau paradigme, un nouvel égrégore seraient forgés.

Cette première phase pourrait commencer par le geste facile à éviter, celui de respecter l’espace public et de ne rien jeter, ni mégots, ni chewing-gum, ni papiers ou détritus dans l’espace public. L’application des peines encourues n’est pas à moduler si tous respectent et balaient devant chez eux. En ville, si vous cherchez un masque et des gants, il y en a qui poussent dans nos rues.

Mais ne serait-il pas logique, pour annoncer ce changement, de pardonner, laissant le fauteur accomplir des travaux d’intérêt public. A ces obligations populaires doivent faire écho des obligations éthiques des décideurs. Tout enrichissement, avantages devront être sanctionnés par une impossibilité de postuler pour un mandat.

Nous sommes devenus aveugles, nous devrions comprendre que notre société correspondait avant à quelque chose qui n’avait pas de sens, hormis le profit. Il serait temps de passer à une vie qui aurait un sens précis ; le bonheur et la vie de tous. Serons-nous assez matures pour le comprendre et le réaliser avant la prochaine échéance.

Prenons cette covid19 comme une correction, et évoluons comme nous l’avons souvent fait. Nous nous glorifions d’être maîtres de notre destin et l’égal de Dieu. Car l’humain a créé, pour son futile bonheur, le profit illimité, le désordre et malheur qu’il engendre. Sommes-nous aveugles par ce que nous ne nous voyons pas, ou sommes-nous juste devenus aveugles par ce que nous nous voyons comme nous avons envie de nous voir ? C’est en sortant de ce grand magasin qu’est l’existence que l’on paie l’addition. Le travail ne sera pas facile. La fin, si on se loupe, risque d’être difficile pour beaucoup.

Amener chacun d’un modèle ancien d’existence, à agir, penser, réfléchir, vouloir évoluer, changer, renaître de lui-même. De ce désir initial peut se créer une force, un respect, un idéal universel, parce que nécessaire pour notre survie.

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