Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Philanthropique, Philosophique et Progressive

Respectable Loge, Coupo Santo, Orient de Cannet des Maures, Région 2 Alpes Côte d'Azur

Mots Clefs : ÉgalitéExternalisationPhilosophiePrincipesValeurs

Constats

Les valeurs de la République « Liberté, Égalité et Fraternité » forment ensemble, une visée consubstantielle sur laquelle s’adossent les principes dont ceux de Solidarité ou de Laïcité. L’article premier de la Constitution du Grand Orient de France, insère, en écho, un nouveau triptyque, la « Philanthropie » pour la mise en chantier de la fraternité, la « Philosophie » pour la mise en perspective des valeurs d’égalité, la sagesse faisant foi et la « Progressivité », étymologiquement : « qui porte à avancer » vers l’indépendance, telle les premiers pas de l’enfant vers son autonomie, comme mise en acte des acquisitions graduelles de ses différentes formes de libertés, qu’elles soient de réunion, d’expression, de confession, etc… Les coups de boutoir portés périodiquement aux principes de laïcité ou de solidarité sont légion, qui plus est, banalisés et pulsés par la montée des extrémismes et intégrismes de tous ordres.

Problématique posée : Les valeurs soutenues par la Franc-Maçonnerie ne sont pas désuètes, même si leurs principes se détricotent au fil du temps, dans nos sociétés modernes. Par son engagement, le franc-maçon doit rester leur garant en multipliant les initiatives locales ou régionales comme les Utopiales, par exemple. Dans ce contexte, en quoi la philosophie est-elle gardienne de l’égalité et de la justice ?

Contexte

Certes la Franc-Maçonnerie reste une société discrète sur ses méthodes et démarches, cependant ses membres doivent mener des externalisations locales par « l’exemple de leur qualité » pour éviter de se voir confisquer leurs principes par des profanes peu scrupuleux. Qui aurait dit qu’un jour, des dirigeants du Rassemblement National, péroreraient sur la Laïcité ?

Après la période de confinement, une société nouvelle devrait voir le jour. Pour autant, les valeurs de la République ne doivent pas tomber aux oubliettes, au contraire. En leur centre, l’Egalité en dessine les pourtours. C’est en son nom que se soulèvent les peuples frappés d’iniquité et d’injustice.

Les inégalités sont accentuées, notamment, par la prédominance de l’économie et par les individualismes dans une société de castes où chacun se regarde en chiens de faïence. En effet, une dynamique de mépris tend à placer les classes dites populaires en marge de tout débat politique, devenu abscons pour elles. Pourtant, les « sans dent » ou les « sans le sou » ont, plus que jamais, besoin d’une forme de reconnaissance de leur place et rôles dans la cité, marque de dignité humaine au sein d’une société devenue par trop inégalitaire. Déjà, en 1936, Léo Lagrange disait : « Nous voulons que l’ouvrier, le paysan, le chômeur trouvent dans le loisir la joie de vivre et le sens de leur dignité ». L’égalité se réalise au cœur du monde culturel et associatif pour se transmettre aux mondes du travail et sociopolitique.

Si la philanthropie a toujours existé, elle s’est beaucoup transformée. Loin d’être désintéressées, les initiatives individuelles ont laissé place à des réseaux complexes alliant actions privée et publique.

Après la Révolution française, la philanthropie est portée par des élites en ascension qui voudraient promouvoir des réformes sociales, tandis que les milieux chrétiens développent, de leur côté, des actions charitables en direction des pauvres. La philanthropie reste encore aujourd’hui un levier majeur pour l’influence des groupes confessionnels.

Pour Nicolas Duvoux, sociologue, « la philanthropie est devenue une hybridation des logiques de don et de marché ». En effet, l’accroissement des fondations est le corolaire de l’augmentation des dons philanthropiques, accentuée par des déductions fiscales croissantes. Au-delà d’une pure générosité qui confèrerait gloire et reconnaissance aux donateurs, la philanthropie, devenue internationale, remodèle effectivement « la construction de l’intérêt général par une pluralisation des acteurs ».

Garante des principes et valeurs qui régissent l’institution, la franc-maçonnerie est au cœur de cette dynamique de désenclavement des catégories socioprofessionnelles et de ce qui n’aurait jamais dû lui échapper, une humanité meilleure et plus éclairée.

Retissage du lien socioprofessionnel dont les fils ont été distendus après la désaffection du monde socioculturel par une couche de la population. La Franc-Maçonnerie reste au cœur de cette impulsion.

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