Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Peut-on apprendre à faire société

Respectable Loge, Coupo Santo, Orient de Cannet des Maures, Région 2 Alpes Côte d'Azur

Mots Clefs : AltruismeConnaissancesÉcoleSavoirsTransmission

Constats : « Faire société » : d’abord c’est quoi une société ? C’est sûrement, le regroupement d’individus appartenant à une même civilisation, au sein d’un même territoire, et partageant la même culture, les mêmes valeurs et les mêmes normes. Pour faire une société, les liens de parenté, de la profession ou de l’activité ne suffisent pas. En effet, il faut surtout que des croyances et des rituels les mettent en actes pour légitimer la souveraineté de la société et sa pérennité. Cet ensemble social possède alors une identité qui lui a été transmise.

Transmission, le mot est lâché. Depuis les leçons de morale religieuse au tableau noir du hussard de la République pour l’instruction morale et civique, nous attaquions la journée par un conseil comportemental fondé souvent sur le savoir-vivre, le savoir-être et l’altruisme que d’aucuns nommeraient ici, éducation pour un mieux savoir-devenir.

Problématique posée : Pour assurer « l’étude de la morale » au sein d’un espace de discussion, ne serait-il pas souhaitable d’instaurer la minute de paroles partagée « philo-éthique » pour que chacun puisse s’exprimer avant d’entamer une journée vouée aux acquisitions scolaires ?

Contexte de la contribution : Pour ne plus se contenter d’un simple constat lié aux incivilités quotidiennes qui rongent et évoluent souvent en incivisme, la transmission des valeurs et principes qui fondent la société est le socle d’une future humanité meilleure et plus éclairée.

Faut-il souligner que l’« ethics » du pasteur Anderson, en traversant la Manche est devenue « étude de la morale », transformant l’homme en sociologue chargé de messages déontologiques après avoir étudié les comportements contraires aux règles établies et impairs de ses pairs. Ainsi, la petite phrase du matin inscrite au tableau noir par l’instituteur s’inspirait-elle de l’observation de l’attitude de ses élèves la veille ou avant de rentrer en classe, du moins c’est ce qui m’a été donné de constater à plusieurs reprises.

En 1677, dans « L’éthique », Spinoza disait déjà « on ne naît pas citoyen, on le devient », alors aidons l’enfant à se servir de son propre entendement et à extérioriser ses peurs. La fonction culturelle de l’école montre combien les savoirs scolaires sont des constructions ouvrant la voie de la promotion sociale et de la transmission des connaissances et de la culture. L’école n’est pas seulement un lieu de diffusion de contenus disciplinaires, elle fait partie intégrante des processus de socialisation et selon certains, une institution « libératrice » pour l’individu tandis que pour d’autres, elle reste un lieu de reproduction des inégalités sociales. Mais, en occident, l’histoire de l’école montre que les rapports entre la société et les formes d’enseignement interagissent ensemble. Aujourd’hui, le débat porte toujours sur le socle minimum de transmission des connaissances disciplinaires plus que sur leur transformation en savoirs. Au-delà des moyens, il s’agit davantage de démarches et méthodes et comme l’exprimait Edgar Morin en 1998, « l’éducation doit enseigner l’unité de la condition humaine, à la fois physique, biologique, psychique, culturelle, sociale et historique, alors que le découpage disciplinaire la désintègre. ».

Ce champ-là est celui des sciences humaines qui englobent aussi les sciences de l’éducation. La mise en place d’une discipline transversale du type « éthico-philosophique » ou « philo-éthique » doit permettre de déconstruire l’ordre inégalitaire pour que s’effondrent les idées préconçues de performance et de réussite qui cachent la survivance de discriminations structurelles.

Pour apprendre à faire société, la transmission des valeurs, de la culture et des rites qui la fondent est essentiel pour prévenir les exclusions que l’on aurait force de constater a posteriori faute d’enseignement préalable. On apprend toujours des autres et chacun n’arrive pas vierge de connaissances, le partage par la « parole libérée » dans un espace « déconfiné » et décomplexé en est la condition sine qua non. N’oublions pas que pour aimer les autres, il faut s’aimer soi-même, pour s’instruire, il faut partager, acte de générosité mutuelle.

L’école au cœur des enjeux et défis à relever. Viser l’égalité de traitement, c’est être constant dans l’écoute et le partage d’échanges harmonieux au sein d’un nouvel espace « éthico-philosophique ».

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