Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Le temps des Crises

Respectable Loge, Robespierre et Saint Just, Orient de Montpellier, Région 8 Languedoc - Roussillon

Mots Clefs : ÉcoleExpertiseUniversalisme

Légitimité de la FM à parler de l’Après

Y-a-t-il un Après ? Le monde n’a pas changé et tout continue comme avant mais peut-être que certains, chez nous et ailleurs, ont pu profiter de cette « respiration » pour imaginer de nouvelles formes d’organisation, parfois très différentes, parfois proches, afin d’améliorer l’Homme et la Société.

La Franc-Maçonnerie étant une école de l’introspection, humaniste et progressive, elle ne doit pas tomber dans le piège du Think Tank. Elle doit inspirer des axes de réflexion et laisser à chaque citoyen, qu’il soit F ou pas, le soin de s’en emparer et de les faire éclore.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Le mode d’organisation de la société tel qu’il a émergé au XIXème siècle sur un axe productiviste est à bout de souffle.

La planète est exsangue ainsi qu’une grande partie de l’Humanité. Chaque année, nous consommons plus de ressources naturelles que ne peut en renouveler la Terre (1,6 fois aujourd’hui).

Les excès productivistes impactent la société négativement : surmortalité due à la pollution, accélération des disparitions végétales et animales et maintenant épizooties.

Par ailleurs, le concept de délocalisation est forcément non durable.

Enfin les experts des domaines concernés ne sont plus écoutés.

Il est regrettable de voir que certaines ARS ont dû passer par des « influenceurs » sur des réseaux sociaux. Comment en sommes-nous arrivés à un monde où la parole d’un footballeur sur un sujet comme la Covid-19 porte plus que celle d’un médecin urgentiste ?

Quels axes de travail efficients pour la société et la FM

Une nouvelle société doit se penser par le rapport entre la Nature, l’Humain, le Citoyen et le Groupe. Nous retiendrons ici trois axes : la réduction des distances, l’école et la santé.

  • Tout d’abord les déplacements à travers la planète se font parfois sans raison valable.

Plus de décentralisations, moins de délocalisations, mèneraient naturellement à moins de mouvements.

Une amélioration des services au citoyen dans les zones rurales permettrait un retour de certaines personnes dont le métier est compatible avec le télétravail. Le repeuplement des campagnes pourrait ainsi devenir un cercle vertueux.

Cela passe par un engagement fort et la mise en place des infrastructures nécessaires.

  • Deuxièmement, il est temps de repenser le contrat entre la Société et l’École.

L’école doit ouvrir l’esprit des citoyens aux outils numériques et à la société.

Les programmes ont dérivé vers l’excellence technique, mais se sont vidés de sens. Elle devrait plutôt encourager la compréhension globale : interdépendance des écosystèmes, des économies, des gens et la coopération. Ne disons-nous pas : « seuls nous ne pouvons rien, ensemble nous pouvons tout ».

Elle doit également devenir un lieu de rencontre tout au long de la vie car, dans notre société, peu nombreux sont ceux qui exerceront dans 20 ans le métier qu’ils apprennent aujourd’hui.

La société doit intégrer cette idée et la voir, non comme une charge ou un coût, mais comme un investissement sur l’avenir.

  • Enfin, nous venons de parler de l’école, mais la santé doit également être sanctuarisée.

La Crise de la Covid-19 démontre l’impact de l’organisation des systèmes de santé sur les résultats : il suffit de voir le Brésil et les États-Unis.

La « première ligne », sitôt le pic de crise passé, n’est plus applaudie. Le personnel soignant a résisté malgré toujours moins de moyens et de reconnaissance. Qu’adviendrait-il dans le cas d’une épidémie beaucoup plus mortifère ?

Sommes-nous tous prêts à payer plus pour que les personnels soignants et enseignants soient mieux rémunérés, mieux équipés, mieux dotés et plus nombreux ?

Au-delà de ces trois axes opératifs, il nous est apparu un axe sociétal important qui traverse tous les sujets : nous constatons, comme beaucoup et depuis quelques années, une crise de l’expertise et de l’esprit critique.

Redonner du sens à l’expertise, sans tomber dans le piège des « gouvernements d’ingénieurs à la chinoise », qui sont tout sauf exempts d’idéologies : la crise sanitaire a mis en lumière ce besoin.

Comment conjuguer le besoin de démarche scientifique nécessaire à établir le savoir, et, sans la dicter ou l’influencer, l’idéologie politique qui doit s’en inspirer pour fonder et assumer ses décisions ?

Cette crise a démontré que beaucoup reste à faire et que ce travail est urgent.  Car tous les avis ne se valent pas et la croyance ne doit pas se substituer à la démarche scientifique.

La société (médias, etc…) et l’école doivent absolument éduquer et rééduquer à l’esprit critique afin que nous sachions écouter l’autre et œuvrer ensemble plutôt que séparément. Si chaque groupe a de légitimes raisons d’exprimer son point de vue et ses souffrances, la solution ne peut être qu’universelle et certainement pas communautariste.

C’est par l’éducation à l’esprit critique que cette idée reprendra force et vigueur.

L’expérience commune de la pandémie aura montré à quel point nos vies sont imbriquées et interdépendantes. Quel objectif commun peut être plus important que le succès à long terme de l’Humanité sur notre planète ? Nous n’avons pas d’autre choix que d’agir de concert pour poursuivre cet objectif commun :

  • Dès l’école pour stimuler et encourager la coopération,
  • Dans la cité pour donner à tous, y compris aux plus démunis, les moyens de s’adapter aux évolutions nécessaires et de participer à la vie sociale.

La Chaîne d’Union doit s’enrichir de nombreux et solides anneaux de pur métal, et doit s’élargir pour rayonner sur la Nature, la Cité, le Citoyen. Les FM en tant que citoyens, et non pas la Franc Maçonnerie en tant qu’institution, doivent, chacun selon ses moyens, porter au dehors du temple les vérités qu’ils y ont acquises.

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