Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Le peuple, Le citoyen et la démocratie

Respectable Loge, L’Humanité Rassemblée, Orient de Poitiers, Région 5 Centre

Mots Clefs : CitéCitoyenInstitutionsPeupleTerritoire

C’est quoi le peuple ?

Le peuple est une façon de suggérer un monde commun, alors qu’ont disparu les vieilles références aux classes sociales, à la classe ouvrière. La distinction cruciale entre société civile et État n’a plus cours.

On parle du « peuple » pour parler société. On se raccroche à ce terme, ce qui signale en fait un désir frustré de faire société.

Le « Peuple » désigne le sujet politique central de la démocratie, la souveraineté partagée entre les « petites gens » et les « importants ».

Qu’elles sont les nouvelles conditions sociales aujourd’hui ?

Qui sont les ouvriers : chauffeurs-livreurs, manutentionnaires dans de grandes plates-formes de distribution, réparateurs à domicile… ?

Ils ne correspondent plus à l’image monolithique du travailleur en usine sur une chaîne de montage, dans une vaste unité de production propice à la formation d’un collectif.

Ils n’ont pas disparu, mais on assiste à un éclatement des catégories sociales traditionnelles Précaires ou en C. D. I. ne vivent pas de la même façon !

30 % des français vivent chaque année un changement marquant dans leur vie – mariage, naissance, déménagement, maladie, perte d’un proche, changement d’emploi, etc…

« La peur du déclassement est très prégnante en France »Eric MAURIN (Économiste).

La catégorie des « dominés », utilisée par Bourdieu, prend en compte la violence symbolique autant que l’exploitation matérielle, mais elle est un peu universelle. Les mécanismes de domination sont de plus en plus divers et complexes.

L’impact de la pandémie du COVID19 est parfaitement illustré par l’analyse suivante que j’emprunte à Michel de Certeau, Philosophe :

« La raison technicienne croit savoir comment organiser au mieux les choses et les gens, assignant à chacun une place, un rôle, des produits à consommer. Mais l’homme ordinaire se soustrait en silence à cette conformation. Il invente le quotidien grâce aux arts de faire, ruses subtiles, tactiques de résistances par lesquelles il détourne les objets et les codes, se réapproprie l’espace et l’usage à sa façon. Tours et traverses, manières de faire des coups, astuces de chasseurs de mobilités, mises en récit et trouvailles de mots, mille pratiques inventives prouvent, à qui sait les voir, que la foule sans qualité n’est pas obéissante et passive, mais pratique l’écart dans l’usage des produits imposés, dans une liberté buissonnière par laquelle chacun tâche de vivre au mieux l’ordre social et la violence des choses. »

Le but des politiques devrait être d’aider chacun à améliorer sa condition et à mieux gouverner sa vie.

Alors pourquoi parle-t-on de plus en plus du PEUPLE ?

Une nouvelle forme de démocratie est en train d’émerger, la démocratie identificatoire, par opposition à la démocratie représentative.

Démocratie : quand le citoyen participe

Extrait de la Déclaration Universelle de Droits de l’Homme : « Art. 29 – 2 – Dans l’exercice de ses droits et de la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui, et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique »

La démocratie, telle qu’elle s’exerce aujourd’hui déçoit. Existe-t-il un modèle qui répondre davantage aux attentes du citoyen ?

Elle suscite tantôt inconfort, méfiance, voire une fatigue démocratique.

– Inconfort, car le fait même qu’un élu représente le peuple signifie de prendre des décisions à sa place, ce qui le rend différent du peuple de par son pouvoir. Alors que l’intérêt du citoyen pour la politique augmente, une frustration se fait sentir chez lui, car il perçoit un écart entre ce qu’il pense et ce que le politique décide.

Méfiance, car pour le citoyen, le politique ne peut plus se retrancher derrière les élections. L’élu, parce qu’il est élu n’a pas pour autant un avis plus éclairé que le citoyen lambda. De plus, deux postures du politique accentuent cette perte de confiance :

– la posture d’évitement du politique qui est peu à même d’expliquer et de justifier son positionnement devant le citoyen en attente

– la posture du surplomb qui résulte de la volonté de certains élus de clore le débat au nom d’une représentativité qui suffirait à les rendre légitimes.

Une fatigue démocratique, justifiée par une crise de légitimité et d’efficacité de la démocratie.

– la crise de légitimité se perçoit dans le taux croissant d’abstentions au vote

– les électeurs montrent de moins en moins de loyauté à un seul et même parti et adhèrent moins aux partis politiques (crise du militantisme), organe même du système démocratique.

Face aux crises majeures d’aujourd’hui, certains citoyens se sentent impuissants et de moins en moins convaincus de leur capacité à participer à un quelconque changement social.

La cité, le territoire, les institutions méritent que soient pensés leurs futurs possibles

Depuis quelques années et surtout aujourd’hui, des citoyens sont désireux de participer activement à la construction d’un nouveau monde grâce à l’exercice de modes de fonctionnement démocratiques différents.

Pour penser une réelle participation du citoyen, il est nécessaire de renoncer à la « démocratie d’élevage », procédure insufflée par les pouvoirs publics qui ajoute une dimension de participation au modèle de représentation, l’articulation entre ces deux formes étant rarement effective.

Pour ouvrir le jeu démocratique il est impérieux de répondre aux questions ci-après :

– De quelle manière, lorsque le citoyen s’implique, son avis est-il pris en compte et ce, à tous les niveaux de décision ?

– Comment les opinions divergentes des citoyens et élus sont-elles arbitrées ?

– Quels sont les critères pour justifier la prise en compte de telle ou telle position pour prendre une décision ?

Les changements ne viendront à la base que si elle participe aux évolutions plutôt que de les subir. La démocratie ne peut-être une formalité et se limiter au vote. Il est nécessaire que le citoyen s’approprie et que lui soit donné du pouvoir pour qu’il puisse réellement influencer et participer aux structures sociales, économique, politique qui l’entourent. Il est important de reconnaître les différents savoirs (expertise du citoyen), de les mutualiser afin que chacun puisse apporter un éclairage aux choses publiques, amenant ainsi une démocratie constructive.

Les acteurs concernés par les futurs possibles de la cité, du territoire et des institutions proviennent de l’économie, la philosophie, le droit, la littérature, la politique, en un mot de la société tout entière.

Le sens fondamental pour notre société est le service du bien commun, le développement de l’humain.

« L’argent fut inventé pour favoriser les échanges entre les hommes. L’argent est moyen et non fin de l’échange. Tout ne peut pas être acheté ou vendu ». Aristote.

Qu’est-ce qui fait le Citoyen ?

Le citoyen a besoin de reconnaissance. L’histoire du penchant au mal dans la volonté humaine ne doit pas faire oublier les réserves de justice et de bonté qui sont aussi en l’homme. Comment délivrer ses ressources ?

La volonté fait le citoyen. Mais le citoyen doit se comprendre lui-même. Il nous faut enjamber les frontières des générations, communiquer avec nos prédécesseurs et nos successeurs. Il nous faut apprendre sans détruire et dans le respect de l’adversaire

Il faut se forger des Convictions.

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