Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Francs-Maçons, Bâtissons ensemble un monde en commun

Respectable Loge, Les Hommes Libres, Orient de Angoulême, Région 16 Sud-Ouest

Mots Clefs : ConcertationCrisesDébatsDémocratieMondialisationSens Commun

L’impasse de l’anthropocène

Les circonstances que nous avons traversées et que nous traversons encore, nous demandent de réfléchir sur le monde, à la fois celui d’hier, celui d’aujourd’hui et sur le monde d’après !

Cette crise s’inscrit dans le cadre de l’anthropocène, caractérisé par des modifications profondes de l’écosystème induites par l’activité de l’homme dans un contexte d’une économie libérale mondialisée, des échanges et de l’urbanisation croissante.

Face à cette pandémie, qui a révélé la vulnérabilité de l’humanité devant ce que nous pensions d’un autre temps, les instances politiques et les structures administratives de notre pays n’étaient pas préparées. Les masques de protection dont les stocks avaient disparu, les produits et les matériels médicaux adaptés, ont fait défaut, Ces dysfonctionnements sont la conséquence de cette économie mondialisée à flux tendus, avec les délocalisations des productions nationales à la recherche permanente du profit et dont connaît les effets destructeurs sur le tissu économique local. Cependant, nous avons réussi à ne manquer ni de nourriture, ni d’électricité, ni de carburants.

Le confinement érigé comme un rempart face au mal, a mis en avant les maux invisibles, les fragilités sociales des plus isolés, l’absence de reconnaissance d’une société d’invisibles soudainement devenus indispensables.

Pendant la période de confinement imposée par les pouvoirs publics, ce sont d’ordinaires invisibles : les infirmier-ères, les aides soignant-es, les agents d’entretien qui ont assuré les services essentiels à la vie quotidienne et ont été exposés aux risques.

Cette crise a mis évidence une opposition, déjà exacerbée avec la crise de gilets jaunes, entre les citoyens et les élites politiques, économiques et médicales surmédiatisées qui ont perdu le consentement nécessaire à l’exercice d’une domination ou d’un pouvoir. Cette défiance participe à la dégradation progressive de nos fondements démocratiques.

Les conditions difficiles du confinement ont généré des comportements très divers qui bien au-delà de l’introspection et des actes de solidarités. Elles ont pu renforcer un sentiment d’injustices et ont fait émerger une défiance face à ce monde globalisé, ou sous couvert de progrès social, de rendements et d’efficacités, l’individu a disparu avec son bien-être et son besoin d’émancipation.

Pour une quête de sens en commun

« Nous retrouverons des jours heureux » a dit le Président de la République en évoquant le monde qui doit changer. Mais quand les avons-nous perdus ?

La crise que nous traversons a été un accélérateur des mutations déjà entamées, telle la révolution numérique, qui mettant à mal la proximité (commerce en ligne), le rapport au travail (télétravail) facteur de troubles psychologiques liés à l ‘absence de relations ou le lien social (réseaux sociaux), attaquant au passage l’économie réelle et ses emplois locaux.

Tous nous sommes concernés, en tant que travailleurs, entrepreneurs, consommateurs ou citoyens par cette accélération sans fin !

Cette cassure dans cette mécanique infernale, provoquée par cette crise sans précédent, a aussi permis de marquer une pause et nous forcer à se poser la question du sens, la question du commun.

La question est pressente et on voit à quel point le monde ancien cherche à préserver, quoi qu’il en coûte, sa place avant même que les bonnes questions soient posées, sans que rien ne change, pour que rien ne puisse laisser l’espoir d’horizons nouveaux.

Cette crise a aussi accéléré les débats déjà existants suite à la vague des gilets jaunes qui avait déferlé sur notre république. La crise économique annoncée laisse malheureusement supposer que malgré les subventions massives et par milliards, des emplois seront perdus par centaine de milliers. C’est pourquoi cet élan de débats, de concertation réclamée ne pourra pas être contenu.

La crise des gilets jaunes a démontré la volonté des citoyens de prendre la parole, d’être acteurs à nouveau, d’être enfin écoutés, entendus et respectés !

Le gouvernement avait alors lancé un grand débat, sans même penser qu’un plus grand débat encore verrait le jour aujourd’hui.

Il est désormais indispensable de tenir compte de ces attentes fortes de la population et de lui permettre d’être acteur de sa vie et de construire l’avenir qui lui est promis pour ne pas répéter les erreurs passées.

Rassembler ce qui est épars

Puisque les choses ne s’apaiseront pas d’elles même et avant que la société ne se déchire plus encore, il convient de travailler sans attendre à rassembler les énergies pour permettre le débat et l’expression de la souveraineté populaire pour mettre en place une démocratie réelle.

Il n’apparaît plus possible d’attendre passivement entre chaque élection d’avoir à nouveau son mot à dire sans jamais pouvoir agir sur le fond mais uniquement sur la forme.

Pour changer ce monde, il nous faut donc créer des espaces qui permettront à chacun, en tant qu’individu, en tant que citoyen, au sens du collectif qui fait société, de débattre et de construire ensemble pour une société plus juste, humaniste et fraternelle.

Tous et toutes nous avons en tête un modèle basé sur la révolution écologique pour certains, l’éducation populaire pour d’autres, ou encore la reconstruction du lien social, une éducation repensée ou un système de santé solide et fiable à nouveau. Le tout conçu comme un bien commun et non une valeur marchande.

Bâtir une démocratie plus directe mais sans oublier les corps intermédiaires qui pâtissent eux aussi d’une défiance croissante.

L’esprit civique qui caractérise les FRANCS-MACONS, nous impose de s’emparer du débat politique non politicien et de ne pas se défausser uniquement sur les experts.

Donner la parole au plus grand nombre, c’est mettre des mots sur les douleurs pour mieux les comprendre et les surmonter, sans se réfugier sur des positions radicales. C’est aussi apprendre à écouter l’autre, à accepter ses différences et converger vers des diagnostics partagés. C’est enfin permettre de se faire entendre avec altérité.

Faire circuler la parole c’est notre méthode maçonnique pour mieux rassembler ce qui est épars.

La proposition que nous choisissons est donc de d’abord construire les solutions pour que la société puisse elle-même choisir son avenir et les politiques publiques à mettre en œuvre.

L’expression de la démocratie en continue constitue le moyen de donner du sens au monde d’après dans une société qui pourra à nouveau être apaisée, si une grande majorité reprend la parole et est écoutée.

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