Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Construire l’École de demain

Respectable Loge, Démos, Orient de Nice, Région 2 Alpes Côte d'Azur

Mots Clefs : ÉcoleÉlèvesEnseignementFormationProfesseurs

Effet de la pandémie sur l’École* et le système d’enseignement français

Soumise au choc de la pandémie et au confinement qui s’en est suivi, notre École s’est effondrée. Ce terme peut paraitre exagéré. Il ne l’est pas.

En effet le système éducatif français n’a qu’une véritable finalité, l’obtention d’un diplôme, obtenu par des contrôles et examens permettant de vérifier l’acquisition de connaissances transmises par les professeurs. Ces connaissances relèvent encore très largement de la transmission d’informations.

Le confinement a eu deux effets majeurs : d’une part les professeurs sont passés au second plan, laissant les élèves et les familles rechercher seuls l’information ; d’autre part les examens ont été largement vidés de leur substance, certaines modalités adaptées au gré des circonstances, ce qui démontre leur peu de valeur. Quant aux diplômes, ils ont été délivrés avec une certaine facilité. De plus, l’accès à l’université et à l’emploi n’a pas eu à souffrir de cette évaluation « adaptée ». C’est dire l’utilité réelle de notre système de certification.

En cascade, ceci interroge aussi sur le rôle des enseignants, sur les méthodes, contenus et matériaux pédagogiques utilisés. La pandémie n’a aucunement remis en question un système dont elle a pourtant démontré l’inefficacité. Un simple toilettage ne suffira pas.

Quelle École pour demain ?

Les années qui viennent s’annoncent difficiles à de multiples points de vue :

– Surpopulation et pauvreté ; Cohabitation dans un espace de plus en plus restreint et contraint ; Développement et partage des ressources ; Environnement et préservation de la Terre ; Changements climatiques liés au réchauffement ; Avenir de la démocratie ; Autonomie/dépendance politique et économique…pour ne citer que les grandes lignes des problèmes que devront résoudre les générations actuellement formées par notre école, sous peine de catastrophes déjà prévisibles.

Trois grands impératifs pour L’École de demain :

  Faire sens pour les élèves

  Leur donner les moyens d’aborder et de traiter les grands enjeux cités plus haut

 Former à la vie en société.

 Il faut arrêter de décider du sort de milliers d’individus à partir d’évaluations de leur capacité à régurgiter des sommes d’informations souvent inutiles en vue de réussir des examens dont la valeur fluctue au gré des circonstances.

Le monde qui se dessine aura besoin de citoyens capables d’utiliser l’information pour résoudre des problèmes concrets, d’acquérir des connaissances utiles à leur développement personnel et d’apporter des solutions pratiques au service de la vie collective. Il faudra leur apporter les moyens de comprendre le monde, de réfléchir à son état et à son devenir, à ses beautés et ses laideurs. Enfin l’Ecole doit lutter contre l’égoïsme et développer l’altruisme, l’acceptation des différences et le respect de l’autre.

Pistes et propositions pour la reconstruction de notre école

 L’école de demain reposera sur trois piliers d’égale importance : les professeurs, les élèves, le monde dans lequel nous voulons vivre.

1-Les professeurs

Les professeurs doivent rester la cheville ouvrière du dispositif de formation. Mais la révolution numérique, et en particulier l’accès facile et immédiat à toute l’information pour tous, doit transformer profondément le rôle des enseignants.

La nouvelle École devra commencer par repenser totalement la formation des professeurs.  Il faut en finir avec un système qui produit des enseignants simples « préparateurs d’examens ».

Quelques pistes à explorer :

Donner aux futurs professeurs une solide formation scientifique sur le fonctionnement du cerveau humain en mode apprentissage.

Former les professeurs, quel que soit leur discipline, aux grands enjeux qui conditionnent l’avenir de l’humanité (cf. plus haut) et à la façon dont chaque discipline peut contribuer activement à conduire les apprenants sur la voie de la réflexion et de l’action pour traiter les problèmes auxquels nous sommes et seront confrontés.

 Les futurs professeurs seront autant des accompagnateurs, voire des révélateurs de talents. Les méthodes pédagogiques devront le leur permettre. Ils devront être plus proche des élèves pour les aider à trouver leur place et à réussir.

 Dans cette perspective, les professeurs seront formés à encourager les efforts, à accepter les erreurs pour faciliter les apprentissages.

 Enfin, les professeurs seront formés comme des cadres. La recherche dans leur discipline, la capacité d’initiative et d’innovation seront encouragées et développées.

L’évaluation devra se faire sur la capacité des élèves à apporter des solutions concrètes aux problèmes posés mais aussi sur leur capacité d’intégration dans la vie collective et leur développement personnel.

Dans cette perspective les notes telles que délivrées aujourd’hui seront définitivement supprimées.

Le baccalauréat actuel sera supprimé. Il sera remplacé par un système d’évaluation des compétences acquises au cours de la formation.

L’organisation matérielle des lieux d’apprentissage tiendra autant que possible compte des modes d’apprentissage de chacun. Elle devra permettre le mouvement, les déplacements sur différents postes de travail en fonction des temps d’enseignement et des objectifs concrets visés. Il faut en finir avec l’apprentissage hors contexte et des élèves qui passent des heures et des journées assis à écouter le professeur, trop souvent seul actif dans la classe. L’école « hybride » s’est développée sous la pression de la pandémie. Faisons-en un outil pédagogique.

2.Les élèves

Hormis quelques profils formatés (souvent les futurs professeurs), notre système génère peu d’adhésion. Beaucoup d’élèves s’ennuient et ne trouve ni intérêt, ni sens, ni place dans l’école d’aujourd’hui.

Dans l’École de demain, les élèves sont, tout autant que les professeurs au centre du dispositif éducatif. Cela a quatre conséquences immédiates :

Les élèves retrouvent du sens à leur présence à l’École, par la considération qui leur est apportée, l’implication qui leur est demandée, les contenus qui leur sont proposés et l’évaluation à laquelle ils sont associés.

Les élèves sont mis en situation d’autonomie maximale le plus rapidement possible. Leur apprendre à rechercher l’information pertinente, développer leur réflexion, leur apprendre l’innovation, favoriser leur créativité, les préparer à s’attaquer aux problèmes qui menacent la terre et l’humanité, tels sont les objectifs de l’École de demain. En un mot les mettre en action au lieu de les maintenir dans une morne passivité. La constitution de binômes (ou groupes librement constitués) de travail dans et hors de l’école est encouragée. La salle de classe n’est plus le lieu unique d’apprentissage. Elle devient un lieu de regroupement, d’échange et de propositions.

Les élèves sont acteurs de l’évaluation des apprentissages. Ils participent à l’élaboration des critères d’évaluation, les mettent en œuvre sous la direction des professeurs. Ensemble, ils en mesurent les résultats et corrigent les insuffisances constatées. Les notes sont supprimées. L’erreur, comme élément d’apprentissage est encouragée et la peur de l’erreur combattue.

Les élèves sont formés à cette approche dès le plus jeune âge selon une progression adaptée.

3.Contenus et activités : 4 grands pôles

Pôle 1 : une forte dose de culture générale ; Elle est essentielle à la compréhension du monde actuel et à la préparation de citoyens éclairés et responsables. Les différents langages font partie de la culture générale enseignée.

Pôle 2 : une culture scientifique et technique concrète liée aux grands enjeux cités plus haut.

Pôle 3 : une véritable éducation à l’orientation et à la connaissance des métiers et des entreprises pour tous les élèves

Pôle 4 : un temps de participation à des activités altruistes au sein d’associations.

Le second cycle de l’enseignement secondaire ne sera pas destiné à préparer l’orientation dans l’enseignement supérieur ou l’insertion professionnelle. Ceci se fera après la classe terminale.

Conclusion : Changer les habitudes et les comportements

Il nous faut imaginer de nouvelles façons de travailler, de collaborer, d’évaluer au profit d’apprentissages utiles et d’une formation de l’individu dans sa globalité. Il nous faut dans tous les domaines ré inventer/ré imaginer le monde et l’école doit être le socle préparant à ce monde nouveau. Cette tâche doit associer tous les acteurs concernés : professeurs, élèves, parents, experts, artistes et scientifique, citoyens lambda, parlementaires…

Proposition : en appui sur quelques établissements volontaires, expérimentation progressive de la mise en œuvre de l’École de demain selon les grandes lignes décrites dans la planche.

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