Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Quel a été le rôle de la culture pendant le confinement ?

Respectable Loge, Le Nouveau Siècle des Lumières, Orient de Paris, Région 12 Paris 2

Mots Clefs : Ciment de la nationCréation artistiqueÉditionsÉducationEspaces culturelsVie intellectuelle et sociale

Problématique : La culture est un élément majeur de l’enrichissement de l’esprit.

L’organisation d’actions culturelles qui permettent l’accès, la participation et la contribution des citoyens à la vie artistique et culturelle du pays, contribue à l’appropriation de références communes qui favorisent le développement de l’autonomie de ces derniers.

Face au confinement drastique imposé depuis le mardi 17 mars 2020, les activités culturelles ont été stoppées : musées, cinémas, théâtres, salles de concert, bibliothèques, festivals, magasins de mode, monuments, brocantes, lieux de culte, éducation artistique, chantiers archéologiques, spectacles de rue et salles de spectacles. Les personnels liés à ces diverses activités ont été mis au chômage technique dans le meilleur des cas quand ils n’ont pas été purement et simplement privés de tout revenu. La France s’est retrouvée coupée de son rayonnement culturel, non seulement vis-à-vis de sa propre population, mais aussi vis-à-vis des visiteurs étrangers. Ce dernier avatar a eu comme corolaire l’arrêt de toute fréquentation touristique (7,3% du PIB).

État des réflexions 

Le confinement a contraint les français à se retrouver entre leurs 4 murs. Cette brusque cassure dans les relations sociales, familiales et de travail ont isolé les personnes et les ont confrontés à un repliement dans une cellule familiale autonome. Toute relation physique étant proscrite, le seul exutoire a été le numérique via les smartphones, internet et la TV. Certaines personnes possèdent une vision idéalisée de la culture, sans avoir conscience de sa diversité, de sa richesse et de son omniprésence : le cinéma, la musique, les livres, … La culture est apparue comme un élément salvateur durant le confinement, une façon de prendre du temps pour soi, utiliser son temps de manière constructive, et prendre plaisir à accroitre sa culture, dans une période où chacun devait trouver une façon de rester chez soi, s’occuper, et supporter l’enfermement.

Rapidement les différentes institutions culturelles ont cherché à conserver un lien avec leur public, en utilisant des outils tel qu’internet. Encore faut-il avoir une connexion, ce qui n’est pas le cas de tous. Ces démarches ont permis de fidéliser les clients, et d’en trouver de nouveaux. Le confinement nous a obligés à repenser l’accès à la culture et à trouver des solutions. Nous avons vu apparaître un certain nombre  d’initiatives pour continuer nos activités favorites, nourrir notre vie intellectuelle et sociale, grâce notamment aux réseaux sociaux : magazines en ligne de musique, groupes sur Facebook, ou Instagram, performance d’instrumentaliste via accompagnement virtuel d’un orchestre, diffusion gratuite de spectacles en streaming, revoir des films cultes en VOD ou sur Netflix et Canal+, relire ses classiques en téléchargeant pour les œuvres tombées dans le domaine public, création d’hashtags #EnsembleAlaMaison ou #TogetherAtHome pour pallier les concerts annulés ou reportés, visites virtuelles d’expositions, de monuments, cours en ligne, accès gratuit durant 3 mois aux 13 000 programmes éclectiques conservés par l’INA, podcasts à écouter gratuitement (Majelan, France Culture).

Le développement important de ces offres montre bien la nécessité de la culture dans nos quotidiens et dans nos vies. Il a répondu à un besoin des utilisateurs. La force d’imagination des internautes via blagues, autodérision ou challenges, a permis de changer les idées pour oublier (un peu) cette catastrophe planétaire. Pour créer du lien, nous avons vu fleurir les apéros via Facetime ou Hangout, les platines sur les balcons, ou encore une reprise de La Javanaise de Gainsbourg par plusieurs centaines de personnes en même temps. Notre façon de vivre ces expériences culturelles a donc été modifiée. Nous pouvons toutefois nous interroger sur la qualité de réception de ces expériences. Regarder une œuvre en vidéo ou en photographie ne remplacera jamais l’œuvre en elle-même. Toutes ces initiatives ont contribué à la pérennité de la vie culturelle. Ces différentes solutions créatives qui ont été trouvées ont diminuées la hiérarchisation entre les Arts que nous pouvions avoir : il était ainsi tout aussi facile de regarder une série qu’un opéra.

En ce moment de crise sanitaire et d’isolement, la culture s’est avérée un précieux moyen de ressources, de partage et d’évasion.

Les conséquences 

Le confinement a agi comme un révélateur par rapport à beaucoup de choses. Il a permis de nous montrer l’importance de la culture et sa nécessité dans nos vies. En revanche les acteurs culturels n’ont pas été plus valorisés, ni rémunérés, leurs conditions de travail n’ont pas été abordées. Ils continuent à être à la fois majeurs et inexistants. Les principaux lieus de culture se caractérisent pratiquement tous par la promiscuité dans la salle ou l’enceinte, dans les lieux communs (toilettes, couloirs, buvette, bar/comptoir, entrée, file d’attente, …). Les recommandations, notamment de distanciation, risquent d’avoir du mal à être suivie. Les charges continuant à s’appliquer (gardiennage, entretien, loyers, assurances, …) beaucoup d’établissements disparaîtront. Certains espaces culturels, privés de recettes et victimes de pertes financières voient leur existence future fortement obérée.  Des métiers comme guide-conférencier, conservateurs et restaurateurs risquent également de disparaître. Les salariés qui n’ont pas accès au chômage partiel, essentiellement titulaires de contrats courts, sont exclus.

Les conservatoires et les lieux d’enseignement publics relèvent de la responsabilité des collectivités territoriales. Ces dernières doivent assurer la sécurité et la santé des agents et salariés, enseignants et équipes administratives. Les contraintes juridiques découlant du principe de précaution (inscrit dans notre Constitution) et les conséquences pénales possibles ont littéralement paralysé toute tentative de redémarrage. Il a fallu modifier en urgence certaines lois sur la responsabilité des maires (limitées dans le temps ?) pour commencer à débloquer la situation.

La complexité du redémarrage de certaines activités ne sont pas adaptées aux procédures de déconfinement : répétition, montage d’expos par exemple. La dureté des règles entrées bien trop tard en vigueur pour contrer l’épidémie ne contribuera-t-elle pas à achever ceux que le virus n’avait pas encore mis à terre ?

La culture, bien que faisant partie des enjeux économiques majeurs et constituant le principal ciment de la nation, ne semble pas constituer un chantier prioritaire. Pourtant elle contribue 14 fois plus au PIB que l’automobile (3,2% contre 0,5%) et emploie 2,5% de la M.O. (670 000 personnes)

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