Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Nos travaux philanthropiques ne doivent-ils pas entrer dans l’ère de l’humanisme écologique ?

Respectable Loge, Souverain Chapitre Daniel Michotte, Orient de Vallée de Guyane / Amazonie, Région 1 Antilles - Guyane - Caraïbe

Mots Clefs : Croissance verteHumanismeRéconciliationRégulationSimplicité volontaire

Constat

Les engagements pris par les États lors de la COP 21 de Paris sont loin d’avoir été tenus et il aura fallu une crise sanitaire aigüe mondiale pour que l’humanité réagisse et prenne conscience que nous ne pouvons plus continuer à nous développer de façon effrénée, sans tenir compte de notre environnement et des réserves limitées que nous offre notre mère nourricière, la Terre. Cette pandémie nous a montré aussi que rien n’est irréversible et que la qualité de notre environnement peut-être améliorée si nous nous imposons certaines règles dans nos comportements et dans la gestion des ressources naturelles. L’humanité ne pourra se développer harmonieusement et durablement que si elle permet à tous de profiter équitablement de ces ressources naturelles et d’accéder, sans aucune distinction, aux produits de première nécessité. De plus, elle devra veiller à une meilleure répartition des biens de consommation et veiller à la satisfaction pour chaque individu des besoins élémentaires (se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner, être éduqué etc…)

Limiter le recours aux énergies fossiles, limiter la déforestation, limiter l’usage des pesticides, réduire le trafic aérien, réduire l’usage des matériaux plastiques non recyclables, valoriser les progrès technologiques sont, parmi beaucoup d’autres, des combats qu’il nous importe d’engager et de gagner, si nous voulons sauver la planète et atteindre l’objectif d’une société en harmonie avec son environnement. Il faudra limiter l’approche prédatrice de la civilisation industrielle et reconstruire ou réinventer une relation entre les hommes et la nature. Nous pourrions considérer que l’harmonisation de l’environnement humain est une nécessité, une priorité, et nous pourrions parler même de ré harmonisation, de réconciliation de l’humain et de son environnement.

Prise de conscience

L’écologie et la Franc Maçonnerie ont toutes les deux comme objectif de transformer l’utopie en réalité. Ne craignons donc pas de nous engager dans ces combats existentiels. Attention toutefois de ne pas confondre écologie et écologie politique, « verte dehors, rouge dedans » !

Limité, réduit, maîtrisé, tels semblent devoir être les qualificatifs de notre progrès dans les prochaines décennies. Il faut mettre un terme, ou tout au moins un frein, à la recherche systématique du profit, à l’appât du gain, au détriment du bien être de l’être humain et de son environnement. Agissons dans le respect de la nature et dans le souci de transmettre aux générations futures un monde sain, harmonieux et juste, où chacun, quelle que soit son groupe ethnique, sa religion, sa situation géographique, son appartenance politique, sa nationalité, pourra vivre, s’épanouir et prospérer dans un cadre hospitalier même s’il n’est pas idyllique.

Toutes ces belles et bonnes résolutions ne doivent pas rester au stade de l’incantation mais doivent se traduire dans les faits, dans nos actes et dans notre attitude au quotidien. Alors même, qu’après deux mois de confinement la nature, la faune, la flore, l’air, la mer, les océans avaient « repris des couleurs », nous constatons que les actes d’incivilité, les dépôts d’ordures sauvages, reprennent comme avant, si ce n’est pire encore. Si la société ne tire pas les leçons de la crise qu’elle vient de subir, si nos comportements ne changent pas, si nous ne montrons pas plus de respect pour notre environnement, alors l’humanité court à sa perte.

Propositions concrètes

Alors que faisons-nous ?

Ce texte pour l’APRES doit conduire le monde à changer de paradigme et replacer l’homme au centre, car in fine c’est lui qui paiera l’addition par des souffrances, la ruine, la maladie et la mort. Actuellement les blocs s’affrontent par régions, par pays, par nations interposées. Il y a des peuples, des groupes ethniques, des mouvements, des religions qui essaient chacun de prendre l’ascendant sur l’autre. Les systèmes économiques créés par l’homme durant l’histoire sociale sont basés sur des théories qui sont supposées apporter le bonheur, mais à qui ? Il y a les pays du Nord dit riches et ceux  du sud représentés par l’Afrique, riches en matières premières de toutes sortes mais où le taux de pauvreté est un des plus importants de la terre. Alors pour tendre vers plus d’équilibre, pour éviter la guerre, les famines, les grandes nations ont créé des organismes supra nationaux pour essayer d’apporter de la régulation, de l’assistance, de la paix dans les rapports entre nations. Ces structures sont indispensables mais leur fonctionnement fait défaut car les représentations des grands pays au sein de ces organismes sont trop fortes. Ils ne laissent pas de place aux nations émergentes et aux continents en développement. Le poids et la répartition des pays au sein de l’ONU, de l’OMC, de la FAO, du FMI etc… sont à repenser

D’un autre coté les pays en développement qui ont les matières premières doivent s’unir pour créer des conglomérats de producteurs qui seraient représentés à l’OMC et au FMI pour défendre le prix du café, du cacao, des matières nobles, des terres rares essentielles pour fabriquer les puces électroniques ou autres. Tous ces biens devraient être considérés comme indispensables à l’humanité, avec interdiction de faire de la spéculation en créant une régulation mondiale. Les cours de ces matières devraient être bloqués à un niveau déterminé par les spécialistes afin que les producteurs ou les entreprises puissent couvrir leurs frais.

Un autre élément déjà existant mais apparemment pas assez efficace est la taxe carbone C’est un bel instrument mais personne ne veut la payer alors qu’en fait elle devrait être appliquée à tous les stades de la fabrication d’un produit, de la matière première à la fabrication, à l’expédition, au stockage et à la vente. Ainsi la taxe carbone rapporterait beaucoup plus. La masse financière ainsi obtenue pourrait servir à faire des investissements dans les pays émergents en développant localement les infrastructures nécessaires à l’extraction, au traitement et à l’exploitation des matières premières. Chaque région, chaque nation pourrait structurer son économie en mettant en place ses propres systèmes de production pour son développement. De plus, cette taxe permettrait de créer des emplois locaux et de maintenir les populations dans leur pays d’origine.

Actuellement, si on regarde les thèmes évoqués en miroir, ce sont les grands pays et les plus riches qui donnent le travail et qui créent les investissements. Aujourd’hui la Chine remplace les anciens pays colonialistes, en aidant certains pays à construire des routes, des hôpitaux etc… en contrepartie de quoi, elle demande que les matières premières lui soient vendues à des prix intéressants pour elle. Les gouvernants de ces pays assistent donc en observateurs au pillage des ressources de leurs territoires mais n’apprennent pas à faire et les pays restent à la remorque des grandes puissances. Certains pays Africains commencent à faire autrement mais il faut les aider et changer les méthodes au plus haut niveau des grandes instances supranationales.

Il faut aussi que les individus prennent conscience de leur responsabilité dans les problèmes énoncés. Il est urgent d’aborder ce qu’il est convenu d’appeler la décroissance ou plutôt la croissance verte. L’échelle de mesure du bonheur de l’humanité se mesure actuellement en PIB sans tenir compte ni du bien-être des populations, ni de l’empreinte écologique de la croissance. L’homme se réduit à sa seule dimension économique en oubliant sa dimension culturelle, philosophique et spirituelle.

Serait-il déraisonnable d’envisager un nouveau système économique qui se baserait sur d’autres valeurs qu’une croissance économique perpétuelle, une surconsommation que notre planète ne peut de moins en moins assumer ?

Il est urgent qu’une prise de conscience collective de nos dérives, nous fasse réaliser que nous tombons dans une sorte d’acculturation consommatrice qui s’impose sur toute la terre ainsi que dans une misère morale dans les pays économiquement développés et dans une déshumanisation du travail, une misère matérielle dans le tiers monde.

Les Francs-Maçons ne pourraient-ils pas militer contre le mythe de l’abondance et pour le pouvoir d’acheter dans l’esprit de ce qu’il est convenu d’appeler « la simplicité volontaire » ? Un retour à l’épicurisme en quelque sorte !

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