Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

L’Univers du travail remis en question

Respectable Loge, Olympe de Gouges, Orient de Strasbourg, Région 4 Champagne - Ardenne - Alsace - Lorraine et Loges d'Allemagne

Mots Clefs : ImaginationInégalitésIsolementPremiers de corvéeTélétravail

Des situations très différentes révélées par le contexte de crise sanitaire :

La crise sanitaire a provoqué un débat sur l’utilité sociale et le sens du travail si l’on se réfère aux travailleurs ne pouvant pas être confinés : les soignants, les fonctions supports de la santé, les personnes œuvrant dans les flux logistiques de l’alimentaire notamment.

La subite cessation d’activité dans de nombreux domaines a entrainé de multiples modifications accompagnées de stress, de remises en question, mais également de créativité… Le travail, quelle qu’en soit sa forme, directement productive ou non, en a été largement affecté. Des pans entiers d’activités se sont retrouvés, du jour au lendemain, dans une situation inimaginable et non scénarisée par les plans de reprise d’activité. La plupart des activités bénévoles ont été soudainement interrompues au même titre que les activités non déclarées qui concourent, qu’on le veuille ou non, à la vie économique.

La crise a aussi mis en exergue que des entreprises qui paraissaient très rationnelles dans leur gestion ont eu une capacité d’adaptation faible. Par contre il n’aura fallu qu’une quinzaine de jours à certains hôpitaux pour se réorganiser afin d’accueillir les patients contaminés. De nombreuses petites entreprises se sont, tout aussi vite, reconverties pour pallier aux manques et fabriquer des masques, des blouses etc…

Des révélations aussi : Par exemple, de nombreux parents ont découverts que les enseignants travaillaient dans une relation réelle avec les élèves et pas seulement à partir des programmes officiels.

Concernant le travail à distance, ou l’accès au savoir, via le télétravail ou les cours à distance, ces solutions pertinentes ont vite trouvé leurs places mais en révélant simultanément, d’importantes inégalités.

Quelques sujets ont vite pris le devant de la scène :

  1. Pour les cols blancs, la quasi-généralisation du télétravail.
  2. Pour les cols bleus, la révélation de situations de ‘’premiers de corvée’’ essentiellement dans des activités traditionnellement peu valorisées mais aussi dans des domaines plus inattendus qui paraissaient déjà rodé aux crises (Domaine médical, assistance aux personnes, forces de l’ordre…)
  3. L’immense isolement des Indépendants, professions libérales traditionnelles, Commerçants – artisans, agriculteurs, Free-Lance et autres auto-entrepreneurs, dont quelques-uns ont dû être aidés par l’Etat pour assurer une maigre survie.
  4. La dépendance accrue, pour des ressources vitales, à d’autres pays, à qui nous avons confié pour des raisons économiques, la collecte et/ou la fabrication d’éléments essentiels dont la fourniture a été mise en péril par la rupture de la chaîne d’approvisionnement imposée en amont par la politique des flux tendus.

La crise sanitaire interroge sur l’avenir du travail tel qu’on le connait :

Cette crise a nettement accéléré la mutation des relations de travail portée par la révolution numérique. Le travail doit donc être repensé. Il va falloir s’adapter davantage aux urgences et être innovant. Mais cette crise a aussi accéléré le débat écologique. De nouvelles questions se posent sur les inégalités face à l’exclusion et à l’isolement social. On peut aussi se demander quelle a été l’efficience des services publics.

Aujourd’hui, le travail indépendant, qui peut se limiter à une activité complémentaire d’une activité salariée pour accroître ses revenus et trouver parfois un sens que l’on ne trouve plus dans l’entreprise, est souvent présenté comme une alternative efficace au salariat. C’est tout l’enjeu de la pluriactivité. Les frontières deviennent donc plus floues entre le salariat et les travailleurs indépendants.

Trois points de vigilance ne doivent pas s’éloigner de nos réflexions :

  1. La réactivité imparfaite, mais parfois pertinente, des pouvoirs publics dans leur ensemble pour proposer des solutions limitants la catastrophe ou valorisant les efforts fournis par les uns et les autres. Les imperfections étant souvent le fruit de l’interaction de trop nombreuses structures éloignées des réalités traitant à des niveaux divers les mêmes sujets (cf 20 organismes avaient leur mot à dire sur la Santé).
  2. Les quelques tentatives, identifiées, de profiter de la situation pour détourner des fonds ou remettre en question des avantages acquis (travailler plus en gagnant moins alors que l’inverse est envisagé ailleurs)
  3. La saisie de l’opportunité d’accélérer l’arrivée de solutions technologiques, essentiellement via l’intégration de l’Intelligence Artificielle, pour se libérer de nouvelles contraintes sociales.

Par ailleurs, la perte de repères habituels dans le monde du travail : sociabilisation, processus managériaux, impacts sur la vie privée, habitudes consuméristes (positives comme le retour des achats de proximité ou négatives comme le développement des achats en ligne) peuvent déboucher sur des désordres sociaux.

La disparition annoncée de nombreux emplois doit pouvoir être compensée, plus que par des nouveaux métiers mal identifiés, par le retour d’anciens métiers dans des zones de proximité raisonnable et par des pratiques économiques plus humanisées et plus respectueuses des ressources et de l’environnement.

Nos propositions concrètes.

Imposer l’équité numérique : Nul ne doit subir une discrimination d’accès et d’utilisation aux outils numériques qui vont pouvoir l’aider à rester dans le train de l’enseignement, du partage d’informations, de l’exercice d’une activité rémunératrice tout en permettant de profiter de ces nouvelles technologies pour bénéficier de prestations nouvelles, notamment en matière de santé et de confort de vie.

Réindustrialiser notre territoire pour ne plus dépendre d’États lointain pour tous les aspects qui sont du domaine de la santé et de la survie des concitoyens (cf les 2 premières strates de la pyramide de Maslow alimentation et sécurité).

Réduire le temps de travail à revenu égal pour permettre à un plus grand nombre de contribuer à la relance.

Favoriser la réduction du flux-tendu dans la gestion des matières premières ou autres produits de consommation pour créer une zone tampon de sécurité. Et interdire le flux-tendu en matière de main d’œuvre (recours aux CDD abusifs, prestataires de main d’œuvre étrangère exonérés des charges salariales) en prévoyant des systèmes d’aides, soumis à contrôle, pour ne pas mettre en péril ceux qui n’en abusent pas.

La masse salariale étant génératrice de revenus directs ou indirects pour les structures sociales, faire en sorte que toute disparition de celle-ci soit compensée par un revenu au moins identique obtenu par la taxation du processus qui a permis de la réduire.

Compenser la régression des contacts sociaux par des accès améliorés à la vie associative (qui elle-même est en train de subir les effets de la crise) par des accords d’entreprises revalorisant le vivre ensemble.

Imposer l’application identique des règles dans le secteur public et dans le secteur privé.

Veiller à la mise en place d’un minimum de sécurité pour les autoentrepreneurs ?

Actionner rapidement la mise en place d’un revenu universel qui permettrait à chacun, en étant sécurisé, de disposer d’un minimum de latitude à choisir, à se former, à organiser son temps de manière à rester intégré économiquement et socialement à l’univers qui s’annonce.

Règlementation du télétravail.

Protection sociale et nouveaux modes de travail.

Préserver l’industrie ou favoriser son retour dans les domaines essentiels à la vie des citoyens.

Lutter contre les inégalités révélées par la crise sanitaire.

Imaginer de nouvelles règles fiscales pour éviter la fonte du produit de celles liées à la masse salariale.

Limiter le nombre de structures ayant voix au chapitre dans les schémas décisionnels.

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