Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

L’individu, la société

Respectable Loge, La Fraternité Provençale, Orient de Digne-Les-Bains, Région 15 Provence- Alpes - Corse et Loges de Sardaigne et d'Italie

Mots Clefs : BesoinsÉducationSensSystèmeValeurs

Un révélateur de l’état de notre société

Le confinement a joué le rôle de révélateur pour les individus et la société. Il a donné l’occasion à chacun de mener une grande introspection et d’analyser les comportements. Chacun a pu avec sa perception et sa richesse imaginer le cheminement futur de la société et des individus.

Au fur et à mesure de leurs évolutions, les sociétés contemporaines ont eu tendance à perdre en lisibilité.  La situation sanitaire a mis en lumière une perte de sens voire une perte de confiance dans notre système. Nous savions déjà que le modèle occidental n’était pas en capacité de proposer un avenir serein et qu’il causait de la souffrance dans une part croissante de la population. Notre société a montré son incapacité à répondre à cette situation de crise sans avoir à procéder à des restrictions de libertés inédites.

De ce fait, les individus se mettent à questionner leurs rapports avec les constructions sociales. Les réponses divergent, allant de l’accommodation individuelle à la création d’un nouveau modèle en passant par toutes les propositions intermédiaires. En faisant abstraction de la question de son efficience, cette réponse ne pourra faire sens et recueillir l’adhésion sans s’appuyer sur des valeurs morales et des principes éthiques largement partagés.  C’est potentiellement sur ce dernier point que la FM peut apporter une contribution solide à l’édifice futur.

Un système proche de ses limites

Des axes récurrents préoccupent l’ensemble des frères et sœurs présents dans cette commission.

Localement, nationalement ou internationalement, les choix réalisés par les dirigeants de notre société ne recueillent plus l’adhésion nécessaire à l’harmonie générale. L’intégrité, la compétence ou la sincérité des dirigeants sont régulièrement questionnés. La perméabilité croissante entre les pouvoirs et entre les pouvoirs et les contrepouvoirs peuvent laisser craindre une perte de vigueur de notre démocratie.

La formation des citoyens connait des lacunes. Rapidement, les codes du vivre ensemble, le sens du collectif et de l’intérêt commun doivent retrouver une place plus importante. L’individualisation poussée à l’individualisme et le culte de l’immédiateté souvent pratiqués ces dernières années montrent clairement leurs effets néfastes dès lors que des enjeux collectifs forts surviennent. Penser que l’école peut prendre en charge cette énième mission serait une erreur. Elle est déjà surchargée de missions diverses et nombre croissant. L’Education est l’affaire de tous, en premier lieu, celle des familles. De plus en plus ne sont plus en mesure de fournir cette Education à leur enfant. Des structures pour les suppléer ou les soutenir existent mais elles ne bénéficient pas des moyens suffisants. Au-delà de la question des moyens, c’est la cohérence de l’ensemble des acteurs qui parait faire le plus défaut. Sans coordination d’ensemble beaucoup d’énergies et de volontés sont inutilement gâchées.

L’argent est devenu le maitre étalon de l’échelle des valeurs. Initialement construit comme un moyen de faciliter les échanges entre les individus, il a été détourné de sa destinée initiale pour devenir une finalité. Il occulte nombre d’autres valeurs indispensables au bon fonctionnement des sociétés telles que le sens de l’intérêt commun, la solidarité, l’altruisme. Par conséquence, la solidarité intergénérationnelle, la place de l’expérience dans les chaines de décisions, la prise en compte des points de vue et des compétences de chacun manquent cruellement lorsqu’il faut agir dans l’urgence et face à un obstacle inédit.

La qualité des systèmes d’informations sont essentiels dans le fonctionnement d’une démocratie. Ils garantissent à chacun la possibilité de s’exprimer de manière libre. Ils doivent être en mesure de fournir des informations fiables et proportionnées pour que les individus puissent penser et imaginer le monde. Pourtant, les médias produisent des informations de plus en plus uniformes et simplistes. Le journalisme consiste à rendre accessible le complexe et la diversité par un travail de décryptage et de vérification de l’information. Ce travail est délaissé au profit du divertissement. Le sensationnel et les positions caricaturales y obtiennent une place prédominante. L’émotionnel se substitue à l’intelligence.

L’évolution des modèles actuels de vie tendent à éluder la satisfaction des besoins initiaux (physiologiques et de sécurité) pour passer directement à des besoins supérieurs (estime, appartenance, éternité). Les Hommes n’accordent plus une place suffisante à la santé, la préservation des milieux de vie, la pérennité des ressources indispensables aux générations futures et créent des déséquilibres propices aux crises écologiques, climatiques, sociales, sanitaires qu’il est possible de constater quasi au quotidien.

Des réformes collectives, des actes individuels

Sur le plan structurel, la crise sanitaire vient de montrer que les décideurs doivent se situer à l’échelon de proximité. Les organismes de décisions éloignés et centralisés ont semblé s’embourber dans des procédures, des ordres et des contre-ordres alors que ceux en proximité faisaient preuve d’analyse, de réalisme et d’adaptation. La proximité est garante de la solidarité, du vivre ensemble. Il à qui il faut donner l’autonomie, les moyens et la valorisation nécessaires à leurs actions.

Sur le plan pratique, certaines professions parfois négligées voire dénigrées se sont montrées indispensables au cœur de la crise. Cela remet en question la hiérarchie sociale qui s’est créée au fil des décennies dans notre pays et encore plus les écarts de valorisations qui sont devenus indécents. Il y a un indispensable travail de rééquilibrage à réaliser. Les écarts actuels ne se justifient en rien et alimentent principalement le sentiment d’injustice grandissant.

Sur le plan politique, il est indispensable que les leçons de cette expérience soient tirées et qu’elles se traduisent par des actes significatifs. Les FM sont des acteurs de la société et doivent peser par leur exemple et leur investissement afin de définir un futur en adéquation avec les valeurs qu’ils portent par leur engagement. La célèbre phrase prononcée par John Fitzgerald Kennedy lors de son discours d’investiture le 20 janvier 1961 prend ici toute sa puissance : « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays. »

Sur le plan conceptuel, le confinement et la menace sanitaire ont mis les individus devant leurs miroirs. Ce qui a été largement questionné, c’est notre rapport au risque et à la peur qui est son corolaire. La vie est une suite ininterrompue de prises de risques. Les individus des sociétés occidentales exècrent tellement le risque qu’ils veulent absolument le réduire et l’anéantir. C’est un paradoxe, car vouloir réduire le risque, c’est réduit les libertés, figer les sociétés et à terme anéantir la vie. Remettre le risque à la place qui doit être la sienne permettra de retrouver la sérénité indispensable pour assurer la pérennité de l’humanité.

Nous proposons comme axes de réflexion :

L’éducation est l’affaire de tous. Les valeurs morales doivent y retrouver une place centrale. Recréer des initiations à l’instruction civique et au vivre ensemble en parallèle à l’éducation nationale.

Dans la société en général, redéfinir la place de l’argent, repenser les hiérarchies sociales, identifier les niveaux de décisions opérationnels. Replacer l’Homme au centre de la société et de la réflexion.

Définir des priorités pour l’avenir : information, environnement, gestion du risque, imposer un service civique obligatoire au sortir des études.

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