Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

L’individu dans la société

Respectable Loge, Les Enfants de Gergovie, Orient de Clermont-Ferrand, Région 5 Centre

Mots Clefs : ConscienceHumanitéPartageSociétéSolidarité maçonnique

Après cette crise le citoyen doit-il repenser son éthique personnelle ; à savoir : la combinaison subtile de ce qu’il peut faire, ce qu’il doit faire, ce qu’il veut faire ?

Considérons la personne comme une somme de plusieurs états. Pour ma part j’en dénombrerais trois : l’individu – le travailleur – le citoyen. Dans chacun de ces pans la personne se construit par l’expérience sur un fond inné.

L’homme a des droits, des libertés, des devoirs et des envies. En temps normal les frontières entre ces positions sont déjà poreuses ne tenant qu’en raison d’une morale, une éthique, un règlement, une loi et la conviction qu’il faut s’y conformer. La personne se construit par rapport à ses valeurs et se positionne d’une part théoriquement, et d’autres part pratiquement. Il y a donc une différence entre ce que l’on peut penser et ce que l’on doit faire, tout en tenant compte du milieu dans lequel la personne évolue et sa part qui agit. Dans le milieu familial, amical, sportif, associatif, … c’est l’individu ; dans le milieu professionnel, c’est le travailleur et dans l’espace public, le citoyen…. du moins je le conçois ainsi.

Il y a bien entendu interconnexion entre chaque état, avec une prédominance de l’individu, donc de l’éthique, de la morale, des valeurs qui le caractérise. On peut donc légitimement penser que le règlement, la loi ou toute contrainte extérieure, doit passer au tamis de son éthique, de sa morale de ses valeurs pour être avalisé. La crise sanitaire que nous venons de vivre en est le parfait exemple. Les actes sociaux demandés au citoyen, plus contraignant, nouveaux, qui plus est dans un contexte anxiogène, sont remis en cause par l’individu qui au regard de sa situation personnelle, place le curseur du confinement là où il le veut et non là ou on lui impose. Ce positionnement était prévisible et il suffit de regarder les comportements routiers et ce sentiment de toute puissance et de protection de certains qui se dispensent de respecter les règles. Dans l’espace public il y a interconnexion, échange, pluralisme. En agissant de telle ou telle façon j’influe aussi sur ce qui va arriver à l’autre. L’ai-je pris en compte dans mon choix d’action ?

 C’est la conscience de l’existence d’un état de citoyen qui doit nous amener à ne pas être individualiste mais utilitariste. Etre citoyen c’est se penser, se positionner parmi ses semblables, comme faisant partie d’un ensemble auquel on apporte sa contribution mais duquel aussi on tire profit. Remettre totalement en cause cet état ce n’est pas lutter contre telles ou telles décisions ponctuelles, nouvelles, mais ça devrait être plutôt pointer du doigt la « constitution ». Je m’explique, si l’on n’accepte pas les décisions des représentants élus, désignés pour le faire, c’est que l’on n’accepte pas notre système de gouvernement et le principe des élections. Alors tant qu’à agir pourquoi ne pas tout chambouler. On doit garder bien évidemment l’esprit critique, le « oser penser par soi-même » de Kant, on peut désapprouver les décisions de nos dirigeants, et même le crier haut et fort dans la rue, mais peut-être pas jusqu’à ce que s’impose la volonté des plus virulents, des plus actifs. Le principe est le débat, l’échange d’idée, c’est l’agora de la Grèce antique. Prendre des décisions pour tous avec toutes les contraintes extérieures qui nous sont parfois inconnues, d’autant plus dans des situations dégradées est un « métier ». Par le peuple, pour le peuple, au nom du peuple, oui, mais choisi parmi ceux qui savent de quoi ils parlent, peut-être un peu plus expérimentés que le commun des citoyens et c’est tant mieux comme ça, il ne suffit pas d’avoir de vagues connaissances, ou alors peut être dans certains pays…. Repenser la politique selon ses propres paradigmes, soit, mais dans le respect du droit. Évitons d’être ultracrépidarien, nihiliste, « anomiste », individualiste On assiste aujourd’hui à des manifestations non plus de citoyens mais d’une somme d’individualités qui s’allient dans un intérêt commun, avoir le poids du nombre, mais avec des revendications différentes. Si l’on veut vraiment une possible intervention du peuple, directe, immédiate, en amont des actions politiques menées, alors il faudrait repenser notre mode de gouvernement, voire notre société. Au-delà de la critique simple, il faut qu’elle soit utile, elle ne peut donc se passer de perspectives nouvelles, de projets d’amélioration, sensés, réfléchis, étudiés, travaillés…Cela impliquerait alors un citoyen raisonné, un individu éclairé…

En fait Il faut surtout repenser son éthique personnelle, mettre en en harmonie l’individu, le travailleur et le citoyen, ce que l’on veut faire, ce que l’on doit faire et ce que l’on peut faire. L’individu, maitre réel de notre personne, doit être raisonné dans ses interventions dans l’état de travailleur et dans celui de citoyen. Pour le citoyen, sa part d’individu doit accepter la délégation de la gestion de quelques-unes de ses libertés tel que prévu dans le contrat social et accepter parfois temporairement, quelles soit un peu plus restreintes. Il faut avoir assez de recul, de sagesse pour savoir à quel moment l’un des états (individu – travailleur – citoyen) doit primer sur les autres, parce que oui, il faut être attentif aux abus de nos dirigeants qui ne doivent plus être considérés comme nos chefs mais plutôt tel qu’ils devaient être, nos représentants, charge à eux de se considérer comme tel, détenteur d’un pouvoir qui leur est considéré délibérément pour le bien commun.

Comprendre que l’homme n’a pas un état unique c’est déjà repenser son positionnement dans chacun des pans principaux de sa vie. Il devient alors clair que le caractère d’une personne dans chaque état peut différer mais tout en conservant une ligne de conduite commune.

Le franc-maçon se construit, s’améliore en tant qu’individu, cela ne devrait-il pas influer sur ses états de travailleur et de citoyen ?

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