Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Le civisme

Respectable Loge, Le Chantier des Hommes, Orient de Paris, Région 11 Paris 1

Mots Clefs : Changement de paradigmeEducationHarmonieRespectSanté

Problématique du civisme dans le contexte de la pandémie du Covid-19

Après chaque épreuve l’être humain essaie de rebondir et de tirer les leçons de ce qui est arrivé.

Ainsi après la 2éme guerre mondiale, en France le Conseil National de la Résistance sous l’impulsion d’hommes de bonne volonté comme Stéphane Hessel et Simone Veil ont élaboré un vaste programme économique et social pour éliminer la misère qui a été à l’origine de l’hitlérisme et de son cortège de malheurs. Ce programme s’appelait les Jours Heureux.

Aujourd’hui suite à l’épidémie du Covid-19 qui est le révélateur de toutes les fragilités de nos systèmes économiques, sociaux et environnementaux ; beaucoup de personnes essaient de prévoir l’avenir en décrivant l’après Covid-19 et en espérant bien sûr des jours heureux.

Et immédiatement la problématique se pose : peut-on continuer comme avant en améliorant ce qui existe et a été défaillant ou doit-on changer, dans tous nos systèmes, de paradigme.

Mais qu’a donc d’original cette épidémie qui n’est malheureusement pas la première de notre histoire ?

Sur les 8000 virus répertoriés (il en existe des milliers d’autres), dont 130 ont des conséquences sur la santé publique, le Covid-19 est un virus à ARN qui biologiquement n’est pas particulier. En revanche le traitement de cette pandémie s’est effectuée globalement à l’échelle de la planète et les états n’ont pas trouvé de solutions individuelles et ont au passage renoncé à une de leur fonction régalienne qui est de protéger les citoyens. Ainsi c’est la première fois dans l’histoire que quatre milliards d’individus ont été confinés en même temps.

Est-ce que la fréquence de ses épidémies diminue ?

Au début des années 2000, une nouvelle maladie émergente est découverte tous les 14 à 16 mois (contre une tous les 10 à 15 ans dans les années 1970). Cette augmentation s’explique bien sûr par une veille épidémiologique plus intense, mais aussi par une aggravation des conditions favorisant ces émergences.

C’est dans ce cadre de l’individu, de son environnement et de la société et plus particulièrement sous l’angle du civisme que nous allons réfléchir.

Place de l’homme dans la nature : la santé, et dans la société : le civisme

La position française sur le concept de « One Health / Une seule santé » publié en 2011 par le ministère français des Affaires étrangères et européennes résume bien ce qu’est la santé :

« La taille de certaines populations humaines, le développement et la rapidité des flux migratoires et des échanges à l’échelle mondiale, la croissance de la pression anthropique dans de nombreux écosystèmes du globe (en raison de la déforestation et de l’urbanisation notamment), le changement climatique ainsi que l’effondrement des systèmes de santé dans certains pays contribuent à expliquer cette augmentation des pandémies. … »

Ainsi on n’est pas en santé seul mais dans un équilibre avec la nature. On n’est pas seul socialement et l’on vit avec d’autres hommes, ainsi le civisme peut être défini comme l’art de vivre ensemble sur un territoire donné, dans le respect de règles communes librement établies. Il a comme exigence première l’éducation des citoyens, dès leur plus jeune âge, au respect des autres, de leur cadre de vie et des valeurs de la Nation.

Le civisme ne supporte pas un comportement passif. Il nécessite une action soutenue des associations nationales reconnues comme les gardiennes de ces valeurs. Elles ont notamment comme mission de faire prendre conscience au citoyen de ses devoirs dans le respect de ses droits et de promouvoir auprès de lui une attitude responsable : c’est par l’incitation à une attitude responsable que l’éducation au civisme s’effectue.  

Cette idée de lier l’homme et l’univers (microcosme et macrocosme) n’est pas étrangère à la démarche maçonnique.

L’harmonie retrouvée par l’éducation

La densité de la population et l’urbanisation sauvage de la périphérie des villes provoquent par une trop grande promiscuité dans les lieux publics et les transports sont source d’incivilité. Ce phénomène étant relativement récent (années 70), il provoque le sentiment « qu’avant les gens étaient plus civique ». Le remède est un aménagement du territoire plus harmonieux prenant en compte la nécessité de préserver les terres agricoles, les niches écologiques, et le décongestionnement des périphéries, avec la création d’organismes d’état comme la DATAR qui existait auparavant dans une économie plus planifiée.

Il faut prendre en compte dans notre manière de penser que tous sont utiles ; ainsi les métiers à forte utilité sociale (chauffeurs livreurs, éboueurs, infirmières et aides-soignantes, pompiers et policiers, instituteurs, etc…) qui sont les moins rémunérés doivent être revalorisés économiquement et symboliquement  Covid-19a rappelé qu’il en allait de la survie de tous.

Il faut arrêter le nihilisme et le cynisme social qui consiste à mépriser ceux qui sont socialement différents (« inférieurs à soi ») mais au contraire les accompagner et les aider ce qui aurait comme premier effet de leur donner des preuves d’attention. Pour cela l’éducation reste l’outil privilégié à conditions qu’elle ne fonctionne pas seulement comme un mode de reproduction sociale. En retour les jeunes peuvent éduquer les adultes dans le domaine des incivilités.

Le contenu pédagogique de cette éducation pourrait être le respect. Elle commence pour l’enfant par une découverte du cadre de vie dans laquelle il évolue tous les jours. En apprenant à l’enfant à respecter son cadre de vie parce qu’on l’aura initié à le connaître, à le comprendre et à l’aimer, on l’amènera à respecter l’Homme. On ne respecte pas les autres si on ne respecte pas leur cadre de vie. De nombreuses autres actions peuvent être conduites sur le thème du respect destinées à apprendre à l’enfant dès le plus jeune âge un comportement civique au cours de sa vie : l’entraide, l’honnêteté, la politesse, la générosité, la propreté, la prise en compte des recommandations écologiques actuelles (l’économie de l’eau, etc..), et tout ce que comporte le respect de l’Homme, de part et d’autre, quelle que soit sa couleur, sa religion, sa culture, son niveau de vie.

L’éducation permet aussi de se changer se changer soi-même et à se forger les armes intellectuelles qui permettent la critique de nos systèmes sociaux et économiques et à ne pas avoir peur du changement de paradigme même s’il a un coût économique, symbolique, intellectuel fort quitte à en mesurer le coup. Ainsi on pourrait imaginer une société plus sobre, plus tournée vers autrui, plus heureuse voire dionysiaque autrement que comme un retour à l’âge de pierre.

Il apparait clairement que civisme est une synthèse d’un rapport harmonieux avec la nature, d’un bien être urbain qui allie qualité de vie et esthétique environnementale, d’une éducation plus ouverte et large enseignant le respect de tous et donc sur une pratique laïque des rapports humains dont chacun serait, dans ses rôles, le promoteur.

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