Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Face à la mondialisation, l’esprit critique

Respectable Loge, Léonard de Vinci, Orient de Paris, Région 13 Paris 3

Mots Clefs : Esprit critiqueHumanismeLibéralismeMondialisation

Si la crise sanitaire a mis en lumière les dégâts des politiques mondialistes sur les services et les industries de santé, on n’a pas encore assez insisté sur la profonde crise idéologique dans laquelle nous baignons depuis des décennies. La référence quasi obsessionnelle à un gouvernement mondial forcément positif, comme à une construction européenne fédérale qui en est une part, a conduit à ignorer la révolution philosophique qui s’est produite dans les années 1980.

Jusque-là, l’économie était considérée comme importante, mais elle était plus ou moins soumise à débat. Celui-ci était aussi de nature philosophique et sociale et, par voie de conséquence, politique. Il ne se limitait pas aux affrontements entre marxistes et libéraux, mais entre keynésiens et libéraux orthodoxes, …

Le tournant des années 1980 fut plus que la victoire du néolibéralisme économique. Il fut la transformation d’un projet, la mondialisation libérale, en phénomène naturel, donc incontestable. On pouvait auparavant discuter sans fin des bénéfices et des dangers de l’extension de l’espace des marchés, constater que la question n’a plus la même pertinence qu’il y a un siècle lorsque les puissances occidentales exerçaient leur domination sur le monde, s’inquiéter du fait que les débouchés des uns soient les dépenses des autres, … En revanche, on ne peut aujourd’hui s’opposer à un phénomène transcendantal –puisqu’est ainsi présentée la mondialisation libérale – par les moyens habituels du débat politique. Il importe alors de mesurer à quel point la question économique est devenue un enjeu philosophique majeur.

L’économie n’est plus « politique » comme on le disait encore il y a un demi-siècle. Elle veut désormais s’ériger en science avec tous les attributs que cela comporte notamment les postulats et les règles – d’ailleurs souvent appelées « lois de l’économie » – incontestables. Du coup, si des contradictions sont possibles, elles ne sont plus fondamentales. En effet, des théories parmi les plus importantes sont devenus des dogmes : la concurrence libre et non faussée et la libre circulation des capitaux en particulier.

Les signes de ce qui présente tous les caractères d’un totalitarisme dans la pensée économique apparaissent depuis quelques années. Ainsi, dans leur prurit idéologique, les économistes Cahuc et Zylberberg appellent à combattre le « négationnisme en économie » en vantant les mérites d’une méthode empruntée à la médecine, bref en affirmant que l’économie est une science exacte. Ainsi, face aux contradictions politiques et sociales révélées par la pandémie de Coronavirus, la fondation Robert Schuman, grande prêtresse de l’européisme, éprouve-t-elle le besoin d’affirmer que « la mondialisation n’est pas le problème, elle est la solution ». Ce faisant, elle confirme le caractère presque magique, et en tout cas dépolitisant, de l’invocation de la globalisation comme un mantra, un talisman. Mais contre quoi ? Précisément contre une certaine idée de la politique héritée des Lumières et appuyée sur le libre arbitre et l’autonomie de la volonté humaine.

Parler d’humanisme, dans un tel contexte, n’a de sens qu’en redonnant à l’être humain son esprit critique, sa capacité de choix, et donc de contester le caractère « naturel » de la mondialisation. L’invocation des « nouvelles technologies » et du « village planétaire » ne saurait faire oublier qu’elle est avant tout une construction humaine et qu’elle peut donc être contestée. L’économie n’est qu’une technique, certes utile à la pensée et à l’action publique, elle ne saurait être un dogme et se soustraire au débat libre et raisonné. Elle doit être soumise à toutes les lois sociales et morales. La liberté indispensable au citoyen, à sa part de souveraineté, et plus généralement ne peut exister sans s’affronter au dogme. C’est notre rôle de créer ce renversement, nécessaire à l’humanité de chacun.

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