Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Comment la philosophie de l’universalisme humaniste peut-elle contribuer à apporter des réponses à la situation de pandémie que nous avons traversée ?

Respectable Loge, Athanor, Orient de Montfort l’Amaury, Région 7 Ile de France

Mots Clefs : CoexistenceDémystificationIndivisibilitéModernisationUniversalisme

L’universalisme contre la pandémie : le constat

Selon Francis Wolff, philosophe : « Seules les idées universalistes permettent la coexistence des cultures ». Pourtant un délitement des valeurs humanistes semble en marche dans nos sociétés occidentales, où l’importance du « JE » semble l’avoir emporté sur le « NOUS ». Pourtant, faire société, c’est avant tout faire bloc dans l’élaboration d’une idée plurielle accueillant toutes les manières de penser. Sédimentant par une élaboration quotidienne, toujours en mutation, l’idée d’un universalisme humaniste qui traverserait les couches de la société et par-delà les frontières. Cette idée doit se propager, jusque dans les pays où les droits de l’Homme et notre triptyque républicain semblent une utopie. Seulement venues de l’invisible, ces valeurs sont mises à rude épreuve lors d’une pandémie. Magasins dévalisés, pénurie des services de santé, la peur ce moteur. « Nous sommes en guerre » disent nos élites. La peur ? L’un des outils de domination par excellence. Ce faisant, nos réflexions et les lendemains incertains ternissent notre monde et peu à peu un goût de nostalgie prématurée prend forme. Nous sommes face au fait : la société de l’orgasme consommatoire est illusoire, et nous nous retrouvons peu à peu, bien que les uns sur les autres, seuls face à nous-mêmes dans nos maisons devenues temples. Le moment du retour sur soi (universel) est arrivé par un ordre sans concession de mère nature. Il faut l’écouter !

La coexistence au sein de la société actuelle

Nous pensons que cette situation est due à l’importance de vouloir tout quantifier et évaluer. L’exercice d’appel et d’offre constant nous a fait perdre en chemin l’importance de l’humain, de ce sanctuaire sacré au profit de l’instantanéité. Pourtant celui qui possède n’est pas forcément le plus heureux. Il est devenu urgent, comme l’écologie, d’accompagner notre monde à travers les valeurs humanistes. Car passant par ce prisme, la société change et la vie prend un tout autre sens : penser à l’autre, à l’impact de nos actions individuelles et collectives. Pourtant le repli et l’égoïsme dont ont fait part certaines parties de la population par un achat compulsif de diverses denrées semble démontrer un humanisme nécrosé. Cependant cette pandémie offre un terrain de jeu inédit dans l’élaboration de ce renouveau humaniste. Nous avons pu observer que nous consommions moins et que ce qui nous manquait le plus n’était pas le dernier pull à la mode, mais simplement d’être « libres » et d’aller à la rencontre de l’autre. L’humanisme manque à tous. Seulement, une fois le confinement passé, nous avons pu ressentir une forme de dissidence : non-respect des gestes barrières dans les lieux publics, non port du masque, hygiène parfois inquiétante : masques jetés à même le sol, restaurants remplis. Nous pensons que ces gestes sont le fruit d’une minorité, mais qu’ils gagnent en visibilité par les médias et notre vision parfois trop macroscopique des faits. Il ne faut pas oublier que la covid tue aussi indirectement. Triste exemple que celui de Philippe Monguillot, chauffeur de bus battu à mort pour un contrôle de ticket et d’un rappel de port de masque. Il est très important de garder en soi la décantation positive du confinement et de ne pas oublier que le virus est toujours là.

Proposition concrètes

Face aux intégristes, nos idées humanistes sont devenues un non-sujet. Il faut organiser des rencontres entre nos maçons et les acteurs de la vie politique locale : c’est par le bas que l’on pourra changer le haut, du moins nous l’espérons. Cela demande un lourd sacrifice : divulguer son appartenance. Mais nous sommes maçons, nous le sommes devenus par choix, et nos vies sont autant d’outils à l’élaboration de cet humanisme. Les plaques commémoratives à l’entrée des temples doivent nous rappeler l’enjeu dans lequel nous nous sommes engagés. Nous proposons aussi de rendre visite aux écoles (collèges, lycées) via des interventions en tant que « maçon » pour parler de ces idées : nous avons été trop longtemps taxés de ce ne que pas nous ne sommes pas : démystifions notre ordre. Il faut opter pour un discours moderne, qui dépoussière l’image injustement vieillotte de la Franc Maçonnerie. Elaborer une chaîne YouTube où chaque semaine un maçon(ne) ferait une vidéo dans un temple avec un thème qui lui est cher. C’est en prenant les codes des réseaux sociaux que nous pourrons nous faire comprendre par de possibles futurs maillons.  

Combattre les théories du complot, ouvrir nos temples et vulgariser nos idées tout en préservant le sacré et le secret de nos rites : voilà à notre sens l’action à prendre. L’universalisme humaniste est né, c’est notre enfant à tous. Si nous n’en prenons pas tous soin, nous en ferons un enfant perdu.

Organiser des rencontres entre maçons et acteurs de la vie politique locale

Visiter les écoles pour organiser des rencontres autours de nos valeurs

Création d’une chaîne YouTube vulgarisatrice de l’ordre et ses principes

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