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Livre blanc

Vers une entrée dans l’ère de l’humanisme écologique ?

Respectable Loge, Les Vrais Experts, Orient de Paris, Région 14 Paris 4 et Loges d'Europe de l'Est

Mots Clefs : BonusEcologieHumanismeImplication citoyenneMalus

Quelques constats et paradoxes

Depuis la pandémie du Covid qui a traversé le monde entier et le confinement qui a suivi, notre génération vit un moment exceptionnel qui bouleverse en vagues successives le quotidien de plus de la moitié de l’humanité. Condamnés à se confiner, se déconfiner et se reconfiner dans nos propres habitats, cela a favorisé une prise de conscience sans précédent sur l’urgence écologique, conduisant à une réflexion sur les modes de vie actuels, les modes de production, de distribution et de consommation.

Si nous étions aveugles, sourds et muets face à l’urgence écologique, aujourd’hui, il devient impossible de se cacher derrière une responsabilité collective. Ce virus, véritable « effet papillon » de la mondialisation, nous le rappelle au prix fort.

Cette crise sanitaire mondiale a apporté son lot de contrariétés et de paradoxes. La qualité de l’air s’est améliorée temporairement – le temps de la mise à l’arrêt de la production mondiale – tandis que l’humanité est contrainte d’utiliser un masque pour se déplacer et respirer.

Alors que l’économie mondiale chancelle, la période de confinement a permis de se recentrer sur l’essentiel, d’envisager un mode de vie plus sobre et davantage minimaliste. Les citoyens occidentaux souhaitent une consommation plus responsable, et sont demandeurs de solutions écologiques et de produits bios. Pourtant, ils n’ont jamais acheté autant de denrées emballées dans du plastique.

Cette crise a révélé l’indispensabilité des métiers les plus utiles de notre société, mais ils sont néanmoins moins rémunérés, pénibles, et parfois déconsidérés. Une immense gratitude et reconnaissance ont vu le jour envers les soignants, pompiers, agriculteurs, caissières des supermarchés, éboueurs… et peut-être même envers les enseignants dont de nombreux parents ont pu découvrir la difficulté du métier. Mais cette considération conjoncturelle est vite retombée.                    La revalorisation des salaires pour les soignants a été soulevée, aujourd’hui partiellement traitée, ce qui  pourrait également devenir le cas pour d’autres professions particulièrement exposées pendant la crise.

Ce virus « universel » a mis en évidence, par un décompte macabre quotidien effectué par l’OMS, la capacité et la volonté réelles de chaque gouvernement à protéger ses populations les plus fragiles. 

L’Homme a été remis à égalité avec son voisin et son congénère du bout du monde, et il aura suffi que ce virus se répande sur l’humanité pour nous faire expérimenter la fragilité de notre société mondialisée. Nous pouvons, nous aussi, devenir les discriminés, les indésirables, relégués derrière nos frontières.

Le Coronavirus, élément révélateur qui touche toute l’humanité

Le Coronavirus a également envoyé un message clair à l’humanité : une porte de sortie serait de respecter davantage ce qui nous entoure, favoriser la réciprocité, l’intérêt général, en se sentant appartenir à quelque chose de plus grand dont il faut prendre soin. Notre potentiel de changement est important, tant sur le plan humain que sur le plan écologique.

En octobre 2019, une expérience démocratique inédite d’ampleur a vu le jour en France : la Convention citoyenne sur le climat. 150 citoyens tirés au sort, âgés de 16 à 80 ans, représentatifs de la société française, éclairés par des experts, ont déjà planché sur le « monde d’après ». Leur mission a été de proposer des actions pour réduire de 40% les émissions de gaz à effets de serre d’ici 2030, ceci dans un esprit de justice sociale. 149 mesures concrètes ont été proposées, nécessitant un changement radical et profond de notre société et de notre mode de vie sur des chapitres tels que la consommation, les déplacements, le logement, l’alimentation, la production, le travail, la constitution et la gouvernance, ainsi que des orientations pour le financement de la transition écologique.

De plus, avec la percée historique des écologistes lors des élections municipales en France, il est évident que, plus que jamais, les citoyens manifestent leur intérêt et préoccupation croissante sur les enjeux environnementaux.

L’Humanisme écologique : un travail collectif

Nous avons pu constater que tous les échelons du système (citoyens, associations, entreprises, collectivités, État) ont essayé de se mobiliser pour faire les efforts nécessaires, à leurs niveaux, afin de sauvegarder la planète… et tenter de préserver l’humanité.

L’individu consomme et achète selon ses moyens et ses propres convictions. Il apparaît vital de mettre en place des systèmes pour l’informer de l’importance et des bienfaits des mesures prises en faveur de l’écologie, pour lui et pour la société, afin qu’il développe son sens critique, son libre arbitre et qu’il réalise des actions pour le bien commun. Adhérer et contribuer à une « cause » passent nécessairement par des explications afin de répondre aux questions légitimes «pourquoi ? » et «comment ? ».

L’individu qui contribue pour le bien commun devrait se voir récompenser par “un système de bonus” qui reste à inventer. Ceux qui ne souhaitent pas participer à ce système restent libres de leurs choix, actions ou inactions. Cette proposition humaniste serait complémentaire des 149 propositions définies lors de la Convention citoyenne du climat et contribuerait à répondre aux objectifs relatifs au développement durable définis par les Nations Unies. Voici quelques exemples de récompenses : octroi de congés payés supplémentaires pour réaliser une action ayant un impact environnemental, bénéficier d’une TVA à 0% pour l’achat de produits de seconde main…

Quant aux entreprises et collectivités locales, elles doivent désormais relever des défis mondiaux de plus en plus complexes, en répondant aux attentes des consommateurs, des ONG, des fonds d’investissement, attirer les talents des nouvelles générations… La mise en place d’un système de bonus/malus permettrait l’accélération de la transformation de l’entreprise, essentielle à sa survie et au bien-être collectif. Par exemple, les entreprises ou collectivités ayant fait des efforts particuliers (dans le tri, le recyclage, la réduction de leur volume de déchets) pourraient bénéficier d’une réduction de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, ou au contraire, avoir cette taxe alourdie si elles ne jouent pas le jeu.

Les entreprises, les collectivités, l’État et les individus ont tous un rôle à jouer dans cette transformation profonde de la société qui touche aussi bien la production que la consommation, afin qu’elles soient humanistes et écologiques.

Système incitatif de bonus pour les individus, et de bonus/malus pour les entreprises et les collectivités locales, afin de favoriser des actions écologiques vertueuses.

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