Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Vers un humanisme écologique

Respectable Loge, Humanisme et Condorcet, Orient de Dax, Région 16 Sud-Ouest

Mots Clefs : AgirDiffuserÉcologieHumanismeIntégrer

Annonce de la problématique en jeu :

Au nom de notre foi en la raison humaine, en la capacité des hommes à agir pour le progrès de l’humanité et en notre rôle social au service du bien commun, nous nous interrogeons : nos travaux philanthropiques au GODF tiennent-ils suffisamment compte du milieu dans lequel nous vivons ?

Nous le savons, notre humanité est en danger : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs[1]. ». Il est acté que nos modèles économiques (mondialisation, néolibéralisme), nos comportements égocentrés sont responsables de la détérioration de la biosphère. La crise sanitaire sera-t-elle le déclencheur d’un changement de paradigme, de comportements ? 

La boite de pandore est aujourd’hui ouverte sur une nouvelle période pour la franc-maçonnerie.

Annonce de la situation et ce qu’elle est devenue en ces temps de crise :

Rassuré par les avancées rapides de la science et des progrès techniques, l’homme de ce début de XXIème siècle a privilégié le capital, la croissance, le libre-échangisme, la mondialisation. La brutalité de la récente et inédite crise sanitaire liée à l’épidémie mondiale de coronavirus a montré la fragilité de cette situation et entraîné de lourdes conséquences :

1° politiques. Le rôle des Etats s’est renforcé au détriment de l’Union européenne (fermeture des frontières, limitations des libertés publiques, affaiblissement de la démocratie).

2° économiques… La défaillance des entreprises s’est accrue dans les pays riches. La chute vertigineuse des matières premières dans les pays pauvres a accéléré la paupérisation des populations. Une nouvelle pression migratoire aux portes de l’Europe serait difficilement supportable. … et financières. Contredisant leur précédente gestion rigoureuse voire austère des budgets publics, les gouvernements se sont mis à débloquer des milliards. Il est crucial d’expliquer aux citoyens comment rembourser cette nouvelle dette et pourquoi, en France, refuser jusqu’alors des dépenses d’intérêt général telles que le financement de l’hôpital public, le revenu universel, l’augmentation du SMIC. A défaut, de nombreux conflits sont malheureusement à prévoir.

3° sociales. Il est à craindre une augmentation du chômage, une diminution des revenus, une plus grande misère sociale, des émeutes de la faim. La demande est si forte que l’investissement du secteur associatif ne suffit plus. Au niveau mondial, l’accroissement des besoins humains (10 milliards d’habitants attendus en 2100) est vertigineux face à des ressources limitées, lourdement impactées par la malnutrition, la pollution, l’hygiène de vie manquante.

4° écologiques et environnementales. Le confinement a permis à la Nature de reprendre ses droits et aux individus de consommer plus frugal et plus local (circuits courts, jardins potagers), de revenir à l’essentiel. Ces bénéfices risquent cependant d’être temporaires.

La crise sanitaire a révélé à l’Homme sa vulnérabilité. Suffit-il qu’il en prenne conscience pour éveiller un élan, une volonté de solidarité nationale, voire internationale ?

Les francs-maçons peuvent contribuer à renforcer cette valeur maçonnique fondatrice. Si certains individus ont en effet pu rendre opératoire cette nécessaire solidarité, d’autres en revanche, ne l’ont pas intégrée. Prendre la mesure des interactions existant entre l’être humain et son environnement ne va pas de soi… Dans un tel contexte, pourquoi, comment, l’humanisme écologique peut-il avoir une existence, un sens ?

Propositions d’actions concrètes :

De nombreux défis nous attendent pour construire le monde d’Après. Trois éléments de base interdépendants sont indispensables au bien être des individus et des sociétés : la croissance économique, l’inclusion sociale et la protection de l’environnement. Nos travaux philanthropiques doivent entrer dans l’ère de l’humanisme écologique à travers trois actions :

D’abord, intégrer dans nos travaux le questionnement écologique afin que chaque F\ ou S\ du G\O\D\F\ se sente engagé dans l’édification de ce nouvel humanisme écologique :

  1. Compléter l’article premier de la Constitution comme suit : après le 4ème alinéa, ajouter la phrase suivante : « Elle travaille à l’édification d’un humanisme écologique ».
  • Compléter l’article 55 bis du Règlement général (sur les Questions à l’étude des LL\), comme suit : après le 5ème alinéa, ajouter la phrase suivante : « Question sur le Développement Durable ».

Ensuite, diffuser nos valeurs et comportements Eco-citoyens dans le monde profane et enfin, agir, c’est-à-dire, être l’acteur citoyen du développement durable.

Voici nos propositions d’actions à mener dans le monde profane :

  1. Influencer les politiques publiques :
  2. Supprimer le plastique de nos sociétés pour préserver la santé du monde vivant.
  3. Supprimer les pratiques mondialistes des paradis fiscaux pour partager des ressources financières au bénéfice de la protection du monde du vivant. Supprimer le secret bancaire.
  4. Réformer le CESE (pouvoirs de l’assemblée et mode de désignation des membres) ; assouplir les conditions d’accès au Référendum d’Initiative Partagée et élargir les thématiques possibles, pour donner un pouvoir de décision aux citoyens.
  5. Former nos enfants dès le plus jeune âge à l’écocitoyenneté qui devrait devenir une discipline à part entière durant toute la scolarité pour en faire des citoyens du monde.
  • Influencer l’organisation mondiale :
  • Transformer l’économie de la mondialisation en une économie vertueuse et respectueuse du monde du vivant.
  • Encourager, relocaliser, la production sur les territoires.
  • Stopper toutes les consommations écologiquement irresponsables
  • Créer une instance mondiale de protection du monde vivant pour que « la nature entière devienne objet de droit ».
Modifier l’article 55 bis du Règlement Général du G\O\D\F\ pour ajouter une question sur le Développement Durable. Modifier l’article 11 de la Constitution de la Vème République pour assouplir les conditions d’accès et élargir les thématiques du Référendum d’Initiative Partagée.

Il est donc indispensable qu’il y ait une prise conscience planétaire de notre responsabilité vis-à-vis du respect de l’environnement vivant auquel l’homme doit subordonner ses propres intérêts pour permettre un développement durable qui réponde « … aux besoins du futur sans compromettre les capacités des générations futures de répondre aux leurs[2] ».


[1] J. Chirac, Président de la République française – IVe Sommet de la Terre- 2 septembre 2002- Johannesburg

[2]Gro Harlem Brundtland, Premier ministre norvégien (1987)

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