Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Vers le prof numérique ?

Respectable Loge, Coupo Santo, Orient de Cannet des Maures, Région 2 Alpes Côte d'Azur

Mots Clefs : ConnaissancesÉcole Hors MursEnclavementEnseignementFracture sociale

Constats : La pandémie de la Covid19 a contraint les élèves et leurs enseignants à se réorganiser pour continuer la dispense de la formation et des connaissances scolaires. Depuis quelques années l’enseignement à distance concerne davantage l’univers estudiantin avec le « e-learning » que le monde de l’école qui s’est tout de même converti au tableau interactif en classe et aux suivis et carnets scolaires en ligne, destinés aux parents. La conception de l’enseignement en général est remise en question par « l’industrie de la connaissance ». Les technologies doivent être considérées comme des outils ou des moyens mais surtout pas comme des méthodes ou des démarches. Faute de moyens, d’une part, puisque « l’illectronisme » touche un élève sur cinq et de préparation des enseignants, d’autre part, favorisant l’improvisation pédagogique, n’avons-nous pas avantagé les élèves déjà autonomes et mieux adaptés à l’usage du numérique ?

Problématique posée : Le numérique favorise-t-il les apprentissages ? En développant les échanges dans des « classes virtuelles », ne déshumanise-t-il pas la relation ? Dans un contexte de réseaux insuffisamment développés, l’enseignement à distance est-il pertinent et n’aggrave-t-il pas davantage encore la fracture numérique ?

Contexte de la contribution : Jadis, chargé d’enseignement assisté par ordinateur et d’enseignement à distance avec la création d’outils d’évaluation en ligne, j’ai constaté que les enseignants non formés concevaient ce média comme un temps de « loisir pédagogique ». La question qui importe est bien : « Quelle est la posture de l’enseignant dans ce cadre et les élèves assimilent-ils mieux les connaissances ? » Double problématique à laquelle je me suis confronté.

L’école n’a plus l’exclusive de ce que nous pouvions appeler l’instruction, qui plus est, publique. Les lois successives de la formation tout au long de la vie et la validation des acquis de l’expérience dynamisent la reconnaissance des individus, bien au-delà de la promotion socioprofessionnelle. On apprend partout, à tout moment, à condition d’avoir acquis les « fondamentaux » et, aujourd’hui, un minimum de maîtrise de l’outil informatique.

L’enseignement à distance est un instrument qui évite le décrochage, favorise le désenclavement et maintient l’élève dans une dynamique d’apprentissage en proposant les ressources nécessaires et les évaluations formatives indispensables à la reconnaissance des connaissances et capacités acquises. Les élèves momentanément handicapés par une maladie ou un accident peuvent bénéficier de ces dispositifs, les conditions climatiques peuvent aussi favoriser l’accession à cet enseignement à distance. Cependant, l’école hors murs ou l’école à la maison a ses limites dans la mesure où elle ne remplace pas le besoin de « relation humaine » que les enfants ont bien exprimé, après l’épisode du confinement, par leur envie de retrouver enfin les camarades de classe. Le présentiel est essentiel.

N’oublions pas que toute connaissance est considérée comme acquise par l’expérience et ce cap s’effectue souvent avec la confrontation des autres et le partage des « émotions » d’apprentissage. L’essai est alors transformé, la connaissance est devenue savoir, le mot saveur en est bien une racine. C’est lorsque nous avons ingéré la connaissance et expérimenté son goût que nous avons concaténé alors un nouveau savoir. Pas de savoirs sans savoir-faire et sans savoir-être, sans les autres. On apprend des autres et avec les autres.

L’enseignement à distance est complémentaire de l’institution scolaire qui reste « l’école de reliance, les moments de résilience dépassés ». Qui plus est, les apprentissages, intégrant les sens et parmi eux les émotions et l’envie, ne sont rien sans la pratique expérientielle et quelle que soit la forme qu’ils revêtent, c’est par sa propre expérience que l’on engramme les savoirs. Qu’on me donne envie d’avoir envie.

Favoriser la formation au numérique et développer les réseaux câblés sur tous les territoires. Reconceptualiser le rôle médiateur du pédagogue et inciter à des séquences en présentiel pour transposer les échanges médiatiques effectués en véritables relations, sources d’apprentissage expérientiel.

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