Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Vers la dignité universelle

Respectable Loge, Travail et Fraternité, Orient de Bourges, Région 5 Centre

Mots Clefs : DignitéDroits de l’HommePrécaritéRevenuSolidarité

Une société mondiale de plus en plus inégalitaire

La théorie du « ruissellement » ne se vérifie pas dans les faits : le nombre de milliardaires a presque triplé en dix ans bien que soumis aux aléas de la finance internationale déconnectée de la réalité économique.

La pauvreté mondiale après trente années de baisse repart à la hausse suite à la pandémie actuelle ; 1% de la population mondiale détient plus de la moitié de la richesse de la planète.

Baisse constante de la valeur travail au profit du capital.

En France, plus de 5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté soit moins de 885 € par mois et par personne.

Les aléas économiques, sociaux, influent brutalement sur les possibilités de réalisation personnelle

Le PIB d’un pays ne constitue pas un indice probant du bien-être d’un pays.

Comment la solidarité pourrait faire disparaitre la précarité ?

L’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme nous dit que « Toute personne a le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux… ».

Le chômage touchant de plus en plus de personnes (moins de 4 millions de demandeurs d’emploi en 1996 et autour des 6 millions ces deux dernières années) le salaire ne peut être la seule réponse.

La crise liée à la COVID 19 va accroitre ce chiffre de plus de 1 million de nouveaux demandeurs d’emploi dès le début de 2021.

Pour accéder à l’emploi, les demandeurs doivent « régler les périphériques », ce sont ceux de l’article 25. Ils doivent avoir un logement, avec justificatif de domicile, se nourrir, se déplacer, faire garder les enfants …  Travailler tous les jours et trouver le temps pour les démarches administratives de tout ordre.

Notre société a déjà mis en place des solutions (Salaire Minimum, Chômage (ARE), RSA, CMU …), qui à ce jour ne suffisent pas ou plus au vu de la progression de la pauvreté et de la précarité de vies de nos concitoyens.

Les associations prennent le relais de l’état, avec la Banque alimentaire, les Restos du cœur, le Secours populaire… ces associations caritatives ou bienfaisantes constatent l’augmentation d’année en année de la demande.

Pourquoi ? Les démarches administratives y seraient-elles simplifiées ?

Si les demandeurs se tournent vers ces associations, c’est parce qu’un minimum de justificatifs leur est demandé, qu’il n’y a aucun jugement de valeur, que surtout la confiance règne et que l’’État ne joue pas son rôle de bienveillante régulation.

Des logements d’urgence, des foyers sont ouverts dans toutes les villes…. La demande s’accroit, l’offre reste insuffisante.

Pour ceux qui la vivent, cette précarité s’accompagne souvent d’une dégradation générale de l’existence : conditions matérielles, vie sociale, isolement, difficultés psychologiques.

Pourquoi le citoyen devrait-il multiplier les démarches auprès de différents organismes d’état ?

Pourquoi devrait-il, plusieurs fois, étaler sa vie, ses misères, ses problèmes et justifier du bien fondé de ses demandes ? L’administration serait-elle dénuée de toute forme d’empathie, de souplesse, de compréhension … bref d’humanisme ?

Ce sont autant d’humiliations pour qui souhaite finalement juste s’insérer dans la société, retrouver sa dignité en contribuant à nouveau au futur de la société.

Au-delà de ces difficultés humaines et sociales, la pauvreté pèse lourdement sur la vie économique de notre société : la création de richesses est bridée en écartant un grand nombre de personnes de la vie professionnelle et l’augmentation d’importantes dépenses destinées à corriger ses conséquences.

Le revenu universel inconditionnel : la simplification

Les humiliations que subissent les citoyens en situation précaire pourraient être aplanies, à défaut d’être supprimées, par une démarche unique qui permettrait à tous de recevoir et ce quelle que soit la situation sociale d’origine, un revenu universel inconditionnel, le même pour tous, travail ou pas.

Ce revenu universel inconditionnel serait calculé sur un panier mensuel moyen (peut-être à pondérer en fonction de l’âge) qui assurerait une vie, digne et intégrée dans la société. Ce système permettrait d’une part de limiter les démarches, les fraudes et d’autre part la prolifération et le labyrinthe des aides au cas par cas où même l’administration arrive à se perdre.

Avec son inconditionnalité, idée fondamentale, le revenu universel est neutre de tout jugement. Ainsi, il permet à chacun d’exister quels que soient son parcours et ses actions. L’existence n’est pas quelque chose qui doit se mériter ou se justifier, c’est un droit qui ne se négocie pas.

Si nous voulons protéger les citoyens des infortunes de la vie prévisibles et surtout imprévues, la COVID 19, en est une brillante démonstration, il faut avancer rapidement.

Dans l’article du Huffington Post paru en octobre 2020, il est indiqué que la BCE pourrait annuler la dette des pays européens, réinjectant par la même quelques 11 000 Milliards d’Euros dans les circuits économiques, soit plus de 2 000 Mds d’Euros pour la France.

Cet acte fort permettrait de financer dans un premier temps l’instauration en France du revenu universel inconditionnel, en attendant que passe la crise sanitaire et que de nouveaux paradigmes économiques se mettent en place, pour autofinancer le dispositif.

Le reliquat pourrait notamment contribuer à renforcer les hôpitaux, créer des places supplémentaires, augmenter les salaires des soignants et en recruter de nouveaux, développer la recherche, etc…

Constitutionaliser le revenu universel inconditionnel permettrait à ce droit de primer dans notre droit. Le raccrocher à la déclaration des Droits de l’Homme, assurerait la dignité de l’ensemble des citoyens. C’est un combat de Franc-Maçon.

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