Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Un nouveau contrat social

Respectable Loge, La Triple Equerre, Orient de Annecy, Région 6 Est et Loges de Suisse

Mots Clefs : BiodiversitéBiosphèreContrat socialHumanismeRUI

Problématique

Les idéologies du XXème siècle se sont révélées inhumaines et monstrueuses, et le tournant politique et économique amorcé à la fin du siècle a mis sur le devant de la scène austérité et dérèglementation sociale.

Seule une réflexion philosophique et philanthropique, un nouveau contrat social basé sur le bien-être de tous, une régulation du libéralisme, une mise en perspective de l’homme et de la société dans la biosphère semblent pouvoir ouvrir la voie d’un changement.

En ce qui nous concerne, notre mode de fonctionnement est fortement compromis par les règles de précaution liées à une pandémie. Grandes difficultés pour nous réunir dans le Temple, rituel perturbé, suppression des Agapes si nécessaires pour faire connaissance, se libérer de nos ressentis, partager notre fraternité, libérer la parole des Apprentis.

Nous devons adapter notre fonctionnement, voire notre rituel, car notre travail ne peut fléchir à l’heure où le progrès est remplacé par l’innovation. Innover non pas pour inventer un autre monde, mais innover pour masquer le délitement de l’actuel. Or les Lumières nous ont appris que le temps est constructeur de notre vie si nous faisons l’effort d’imaginer un futur. Humanistes, Laïcs et Républicains, nous devons participer à ce paradigme, penser un nouvel horizon commun.

Analyse de la situation et ce qu’elle est devenue en ces temps de crise

La pandémie prévisible et d’une violence inouïe, nous a révélé l’inimaginable fragilité d’un système économique mondial se présentant comme idéal et irremplaçable.  Elle a mis en lumière de nombreux disfonctionnements, notamment dans l’organisation de nos services publics dont la volonté de gestion comptable s’est avérée catastrophique, poussant les gouvernements au confinement. Sont apparues d’importantes failles dans notre souveraineté scientifique, technologique et industrielle. Les premiers de corvée, méprisés et sous-payés, sont apparus comme essentiels au bon fonctionnement du pays. La pandémie de Covid-19 nous a rappelé notre vulnérabilité face à la maladie et à la mort, elle nous a montré que la nature à un pouvoir sur nous.

Nos peurs, nos angoisses, nos prises de conscience, ont développé un désir commun et majoritaire, « les choses ne doivent plus être comme avant ».

Et pourtant, le confinement terminé, la vie reprend son rythme, le virus est toujours là, et l’Après ressemble étrangement à l’Avant.

Le paradoxe de l’être humain persiste. Il est le seul à vouloir pénétrer les lois de la nature, et pourtant par ses choix politiques et économiques, donc par le mode de vie qui en découle, il s’avère « contre-nature »

Propositions

Nous sommes des géomètres, l’accès à la science exige une analyse critique des idées en apparence évidentes, la science réclame de l’audace, sortir de la pensée immédiate afin de la tester, de la contester. Notre pensée symbolique, l’art du doute que nous pratiquons et notre goût pour l’utopie devraient nous permettre d’imaginer d’audacieuses hypothèses dans notre constante recherche de la Vérité.

 Et si nous donnions du sens à la vie, à savoir direction, sensation et signification ?

Et si nous donnions une dimension écologique à notre humanisme en réécrivant l’article premier de notre Constitution ?

 Et si nous contestions le dogme qui prétend que l’humanité serait faite à l’image de Dieu, créateur et propriétaire d’une nature aux ressources considérées inépuisables et que les hommes peuvent exploiter et ordonner à leur guise ?

Ne devons-nous pas faire évoluer l’Humanisme de la Renaissance et celui des Lumières dont nous restons les héritiers pour ne plus placer l’Homme au-dessus de la nature, mais comme un élément de la nature ?

A nous de construire sur cette base le cadre philosophique, éthique et opératif qui nous permette de contribuer à l’inévitable transition écologique, humaniste, républicaine et laïque.

Ne devons-nous pas aussi préciser la valeur Travail qui nous est si chère ?

 Notre notion du travail, émancipateur et épanouissant, celui qui devrait améliorer la société, se réduit aujourd’hui à celle de l’emploi rémunéré. Les emplois se précarisent, la robotisation et la prétendue « intelligence artificielle » en suppriment quotidiennement, en premier lieu ceux qui sont répétitifs et abrutissants, point positif, mais en contrepartie elles fragilisent les travailleurs concernés.

Et si nous défendions le Revenu Universel Inconditionnel ? Il permet de partager les emplois et le temps, de créer et développer le travail tel que nous le concevons. Il autorise à chacun un enrichissement personnel, moteur de l’enrichissement collectif. En versant une partie de ce revenu en monnaie locale, les circuits courts se développeraient. Une autre partie non numéraire, serait constituée par la gratuité de services publics.

Le Revenu Universel Inconditionnel est un excellent outil pour lutter contre l’extrême pauvreté et l’exclusion, et permettre de construire une société de partage des richesses, de droit à la dignité, une société altruiste et tolérante.

Il permettrait de promouvoir l’intensité de la vie, faire que ce soit le désir et non la peur qui nous gouverne, cesser la tyrannie de la crainte.

 Le service public est indispensable au lien social et doit être maintenu sur l’ensemble du territoire.

Cette pandémie nous a fait prendre conscience que nous dépendons les uns des autres qu’elle que soit l’échelle, nationale, européenne ou mondiale. Elle nous a fait prendre conscience qu’accepter de restreindre des libertés individuelles, comme nous le pratiquons à travers notre rituel, permettait de développer une solidarité collective et de définir, pour sortir de cette situation critique, un « horizon commun » pour le bien-être de tous.

Inlassablement continuons à tailler notre pierre, contribuons à l’édification du Temple, en adaptant nos Tenues et nos travaux aux contraintes de la pandémie présente et de toutes celles à venir.

Deux Idées dominantes

1) Seule une réflexion philosophique et philanthropique, un nouveau contrat social basé sur le bien-être de tous, une mise en perspective de l’homme et de la société dans la biosphère pourront ouvrir la voie d’un changement, le Revenu Universel Inconditionnel pouvant être un outil incontournable. La notion de biodiversité doit apparaitre dans l’article premier de notre constitution.

2) Ne devons-nous pas faire évoluer l’Humanisme de la Renaissance et celui des Lumières dont nous restons les héritiers pour ne plus placer l’Homme au-dessus de la nature, mais comme un élément de la nature

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