Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Substituer le Bonheur aux plaisirs

Respectable Loge, Les 2 Terres, Orient de Cabestany, Région 8 Languedoc - Roussillon

Mots Clefs : BonheurCitoyenDoutePouvoir

Point de situation.

A l’orée du mois de janvier 2020, comme un ennemi sournois, un virus attire tous les regards de la terre.

Il se propage à grande vitesse, tuant par milliers, avec l’organisation de la génération spontanée : conquérir tous les espaces contiguës et vierges de sa présence. Les grands bergers de nos mondes modernes crient le rappel et expérimentent toutes les réactions possibles : l’organisation, la désorganisation, la réorganisation, la gestion de crise, la négociation politique, syndicale, sociale et financière. Le mal durant, ils sortent des lapins blancs de leurs chapeaux de magicien sous la forme de fortunes en euros et dollars. Avec leurs différences de sensibilités et de cultures ils adoptent différentes stratégies : le déni, la prédication, la désinformation, la terreur, la séquestration, le mensonge et plus globalement le doute. C’est finalement celui-ci ci qui a suivi comme un fidèle lieutenant l’organisme nommé COVID-19. Le doute s’est emparé de nos esprits.

En effet qui peut croire qu’au stade avancé de nos connaissances scientifiques soutenues par des moyens technologiques de pointe, nos bergers soient incapables de montrer rapidement et efficacement le chemin vers une étable protectrice et chaleureuse ? Le problème ne s’est pas déclenché au même moment sur toute la surface du monde, mais a progressé dans l’espace, de continent en continent, de pays en pays. L’État non encore atteint par la maladie pouvant user à bon escient de l’histoire prémonitoire de son voisin, et protéger ses citoyens. A minima il avait matériellement le temps d’assumer ses fonctions régaliennes en rassemblant sous l’urgence les moyens nécessaires pour répondre aux besoins de son peuple. C’est pour cela qu’un pouvoir a été placé entre les mains des bergers par le peuple.

Alors que vous écoutez ce texte, les bergers se querellent toujours pour désigner le meilleur d’entre eux dans cette bataille à grands coups de statistiques. Or les statistiques sont les plus belles femmes de joie des mathématiques et finalement leurs discours nous endort. Sous cet angle des mathématiques, il paraît légitime de conclure que le PPCM (le plus petit commun multiple) de tous les États dits évolués est de constater qu’ils n’ont réussi qu’à amplifier le doute. Doute envers les médias, doute envers les politiques, leurs discours, leurs chiffres, leurs analyses et leurs décisions. Ils ont l’irrespect ou la désinvolture de nous dire tout et son contraire. Nous le savons parce que de nos jours tout ou presque est enregistré et sauvegardé :). Est-ce de la bêtise, de l’incompétence, de l’inconscience, de la manipulation ou de la méchanceté ?

Peu importe, tout cela forge LE DOUTE.

A grand renfort de sophisme, les bergers ont tenté de rendre dur comme fer leurs discours tissés de fil blanc.

Mais les peuples confinés ont eu, pour la première fois, l’opportunité de lever la tête du guidon quotidien et de prendre le temps d’écouter, de lire, et d’analyser. Pour la première fois de notre ère le citoyen est suffisamment instruit pour réfléchir et comprendre. Et le confinement lui en a donné le temps tout en se serrant contre ses êtres chers.

Ce temps de réflexion n’était jusque-là pratiqué que par une poignée d’intellectuels, érudits, hurluberlus, complotistes, anarchistes et autres vocables désignant les personnes qui ne croient pas dans le système mondial qui, parait-il, « fonctionne ». Le peuple se met à penser, à s’interroger sur les motivations profondes de nos bergers dont elle perçoit mieux les contours dans leurs discours, leurs actes ou leurs non-actes. Mais aussi sur les règles politiques et sociales mises en place depuis si longtemps et qui viennent ici de montrer leurs limites.

Le peuple voit clairement que ces règles ne sont pas là pour le protéger mais pour l’asservir.

Les alternatives connues

La poignée d’irréductibles ont mille fois par le passé tenté de diffuser largement leurs réflexions mais sans réel écho. Le poids de l’éducation mais aussi celui des factures et des traites mensuelles à payer sont plus lourdes que la force des idées. Pensons par exemple à la publication du Père Régimbald et de Serge Monast en 1985, nommée L’Aurore Rouge. Les auteurs nous y annoncent un Nouvel Ordre Mondial. Ce texte paraît aujourd’hui prémonitoire tant le parallèle avec la situation que nous vivons là est identique à celle décrite par ces penseurs, il y a 35 ans. Que de temps perdu !

Les plus audacieux, ou les plus entreprenants de nos illuminés ont tenté des expériences opératives marginales. Ils ont bâti des sociétés différentes. Auroville en Inde en est un bel exemple.

Il s’agit à chaque fois de hameaux solidaires, participatifs, donnant la priorité à l’humain, à l’échange et au partage. Tous affectionnent l’égalité, la fraternité, la collégialité et l’absence de pouvoir ou d’argent.

Ces tentatives ont existé, existent et existeront tant que nous n’aurons pas progressé sur le partage des richesses et des pouvoirs.

Ces groupes d’individus cherchent à répondre autrement aux besoins naturels des êtres humains au sein d’un petit groupe de congénères fraternels et organisés en paix.

Leur point commun est toujours le même : ne plus avoir confiance en l’État et en la société pour les rendre heureux. Ils s’affranchissent de l’État providence en adultes responsables. Bien-sûr ces mouvements ne se sont jamais répandus à la planète entière. L’humanité n’était pas prête à cela, et les puissants, bien trop puissants.

Un récent mouvement de pensée nommée Collapsologie nous annonce un futur ou les besoins fondamentaux de l’être humain ne seront plus encadrés par les États dans des conditions d’accès raisonnables.

Il est ici question, de l’eau, de la nourriture saine, de la sécurité et du soin.

Cette pandémie ne serait-elle pas l’occasion rêvée d’une prise de conscience collective pour prendre une nouvelle direction dans le développement de l’humanité ?

Le Bonheur pour tous créé par tous.

Nos sociétés modernes sont organisées par des textes constitutionnels et législatifs qui énumèrent les vœux pieux de nos bergers. En France, la Constitution du 04 octobre 1958 en est la pierre angulaire. Ce texte est en partie fondé sur les principes philosophiques de Charles Louis de Montesquieu, un penseur politique du XVIIIème siècle

Montesquieu, éminent représentant des Lumières, n’a cessé de dénoncer l’absolutisme royal de son temps. Mais sa connaissance érudite de l’histoire lui faisait suspecter un travers omniprésent en l’homme et ce, quel que soit le régime en place. Il pensait que la possession même du pouvoir est périlleuse car « c’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites ».

C’est ainsi qu’il a posé le principe énoncé par les mots : Il faut que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. Trois cents ans plus tard, force est de constater que nous n’y sommes toujours pas parvenus, bien au contraire. Le tournant que nous invite à prendre cette pandémie est donc de repenser les règles fondamentales de nos sociétés.

Si par nature un homme titulaire d’un pouvoir est voué à en abuser, il faut cesser de donner à un seul homme du pouvoir sur un plus grand nombre. Ce que ne dit pas clairement Mr de Montesquieu c’est que l’abus du pouvoir entraîne dans son sillage tous ces travers que nous détestons tous (sauf ceux qui en profitent).

Nous pensons aux mensonges, aux passe-droits, à la corruption, au conditionnement des foules. La plupart de ces outils de domination sont directement ou indirectement lés à l’argent ou la finance.

C’est ici que se dévoile l’un des plus sournois problèmes de notre société : l’argent.

C’est par lui que de tous temps l’homme a dominé en distribuant du plaisir.

Plaisir d’offrir et de recevoir. Plaisir de posséder, de jouir d’une chose, d’accéder à l’inaccessible, d’acheter ce qui n’est pas à vendre. L’argent fait tomber tant de limites. Toutes nos vies de citoyens du monde nous transforment en client du monde. La société nous conditionne pour désirer sans cesse de nouveaux biens ou de nouveaux services qui font plaisir. Plaisirs éphémères que nous entassons dans nos poches, nos armoires, nos maisons, nos banques et nos esprits.

Le plus grand des mensonges de notre temps est de nous fait croire sciemment, par manœuvres sophistiquées, que les plaisirs rendaient heureux et donc que plaisir et bonheur sont la même chose. Or le plaisir est une réaction chimique de notre système nerveux qui est assez fugace. Le bonheur quant à lui est une philosophie de vie bien plus profonde et durable. Elle influence nos comportements, nos actions et plus généralement nos rapports aux autres.

Il y a lieu de cultiver avec honnêteté et fraternité cette philosophie du bonheur. Il paraît donc urgent de fonder une civilisation ou le pouvoir ne serait détenu par nul homme et dont le but profond et indéfectible du groupe serait le bonheur de tous. Ce bonheur général impose de bâtir un nouvel ordre social sans utiliser les outils, les mots ou les idées du passé. Il n’est plus temps de parler de gauche, de droite, de syndicat, de couverture sociale, de fond monétaire, d’impôt et tous ces mots avec lesquels nos énarques se gargarisent tout au long de leurs vies de nantis et avec lesquels ils nous abreuvent tout au long de nos vies de soumis. Ils nous droguent au plaisir éphémère. Ils parviennent à nous emprisonner sans heurts, sans barreaux sans violence physique. Mais ils nous volent le plus précieux : notre liberté d’éprouver le bonheur.

Nul aujourd’hui ne peut douter de l’échec de tous les systèmes politiques et sociaux pratiqués jusqu’à aujourd’hui. Tirons les leçons du passé et des penseurs qui plusieurs siècles avant nous ont déjà mis le doigt sur les mécanismes qui coincent.

Recentrons nos pôles d’intérêts communs et essayons une voie différente hors conditionnement passéiste.

Il ne s’agit pas de réparer ou de faire durer un système qui ne marche pas, mais bel et bien d’en créer un nouveau. La tâche est d’autant plus complexe que nos vies sont imbriquées dans des mécanismes mondiaux dont il sera malaisé de se défaire. Pour autant nous voulons y croire et tenter tout simplement la voix du :

Bonheur pour tous créé par tous.

Diffusons largement l’un des fondamentaux de notre ordre.

En œuvrant pour notre bonheur individuel nous créons de proche en proche le bonheur de l’humanité.

Le droit au bonheur fait partie des droits fondamentaux de l’humanité.

Il est même le premier des droits universels et doit rapidement être reconnu comme tel.

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