Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Science et Technique

Respectable Loge, Les Chevaliers de la Fraternité, Orient de Bordeaux, Région 16 Sud-Ouest

Mots Clefs : Recherche

On peut définir la science comme un système de connaissance, rigoureusement liées, s’exprimant le plus souvent en formules mathématiques et qui donnent une interprétation rationnelle de l’univers. De telles connaissances ne sauraient être admises qu’à la suite de preuves contrôlables et de vérifications définies (accord de la raison et du réel).

Il est certain que l’attitude scientifique n’est pas spontanée chez l’homme.  C’est une conquête de l’homme sur lui-même, qui est démontrée par la loi des 3 états d’Auguste Comte (théologique, métaphysique, positivisme). Avant d’en arriver à la conception scientifique des phénomènes, l’homme s’est projeté sur eux : ses explications sont anthropomorphiques (l’animisme prête aux choses des désirs, des intentions, des pouvoirs). C’est pourquoi la pensée scientifique ne pourra se constituer qu’au prix d’une psychanalyse de la connaissance, c’est-à-dire en épurant sa pensée d’une multitude de significations inconscientes.

C’est peu dire que la pensée scientifique est une perpétuelle reconquête de l’homme sur lui-même.

On peut définir la technique comme un ensemble de procédés ou de moyens permettant d’atteindre ou de produire certains résultats. La technique est un moyen plus ou moins complexe par lequel l’homme cherche à plier la nature à ses besoins (feu, travail de la pierre, des métaux, pêche, chasse, culture, élevage). Étant donné les résultats souhaités, quels sont les moyens les plus efficaces. La norme de la technique, c’est l’efficacité. Mais la technique a été longtemps freinée par la superstition. Dans les sociétés antiques, toutes les recettes techniques étaient entourées de secrets et de mystère. Ensuite, seront ajoutés aux procédés techniques, des procédés magiques (prières, incantations, envoûtements), qui, c’est à noter se détournent de leurs objets dès que le but est atteint.

Aujourd’hui la technique découle de la science, mais il y a eu un stade précédent dans lequel l’homme, pressé par les besoins a dû inventer des moyens d’actions mettent en œuvre une physique implicite, naïve, en prenant la nature comme modèle : l’art imite la nature. Les progrès se font par tâtonnement : réussites et surtout échecs vont s’enchaîner. Mais l’homme est pressé de réussir car il veut que les choses soient ce qu’il souhaite : il va faire appel à la magie.  

L’homme peut plus qu’il ne sait sinon il aurait disparu et les échecs qu’il essuie finissent par éveiller sa réflexion, le désir de succès se mêlant au besoin de savoir. L’homme a dû s’adapter ; il a cherché à agir avant de savoir.

Dès lors, la technique se fait scientifique tandis que la science se fait technique par ses moyens d’investigation et de vérifications dont la réussite technique est la confirmation. Cette réussite ne devient vérité que lorsque sont confirmés les raisons de son succès : il n’y a de vérité que par la connaissance. On voit toujours que ces confirmations sont toujours aléatoires et peuvent être mise en doute, l’utilisation de la chloroquine dans le covid 19 en étant un exemple vivant.

La technique doit à la science d’être devenue rationnelle ; elle a permis également sa mécanisation. Les premiers outils sont nés de la projection des sens (en particulier de la main). Puis l’homme a créé des outils en vue d’une utilisation polyvalente. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que l’outil demeure tributaire de l’homme qui l’emploie. (Le microscope est il un prolongement de l’œil ou de l’esprit ?) Ensuite, la machine sera la résultante du perfectionnement de l’outil.

La science doit à la technique des problèmes à résoudre, des vérifications, des preuves expérimentales.

Une science a l’âge de ses techniques ; la vision scientifique de la nature devient de plus en plus artificielle : la technique devient une science vivante.

La recherche scientifique ne peut se faire sans une volonté de rationalité, donc un effort d’épuration qui doit aboutir à une autonomie spirituelle. Cela amène l’homme vers un esprit critique à l’abri de toute subjectivité (pas de croyance, uniquement des preuves, usage méthodique du doute).

L’esprit scientifique doit être fait de qualités morales : amour du vrai, de la recherche, de la curiosité, de tolérance vis-à-vis d’autrui et de modestie vis-à-vis de soi même. En effet, il n’est pas inné et se construit en se réformant ; cette réforme donne accès à un humanisme de plus en plus large. La science et la technique permettent à la nature de s’éclairer de significations intellectuelles donc humaines. La réussite de la science et de la technique est la preuve que l’effort dans la recherche de la connaissance n’est pas vain.

L’écueil serait de ne pas voir que la science et la technique qui en découle n’entre pas en contradiction avec d’autres exigences : ainsi se poseraient des problèmes moraux. Une double erreur serait de penser aussi que sciences et techniques pourraient donner une réponse à tous les problèmes ou de les accuser de générer d’effroyables problèmes que ses applications pourraient générer.

Sciences et techniques doivent donc déboucher sur un humanisme authentique Cet univers d’humanisme et de fraternité trouve sa résonance dans l’école des arts et métiers crée au 18 eme siècle par De Liancourt.

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