Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Rebattre les cartes de la souveraineté

Respectable Loge, La Défense Laïque, Orient de Paris, Région 11 Paris 1

Mots Clefs : CitoyenÉtatEuropeObédiencePacte républicainPacte socialSocle socialSouveraineté

Une question qui n’est plus maîtrisée dans le sens et dans l’action

Cela fait des années que nous entendons un discours politique de détournement d’attention qui nous dit que ce n’est pas la faute du politique français mais la faute de Bruxelles et donc de l’Europe. Le politique français devient le porteur d’une promesse qu’il ne peut donc pas tenir puisqu’il ne possède plus le pouvoir de changer les choses. Les citoyens français et européens, car tous les populismes y recourent, ne peuvent plus se projeter dans l’avenir dans une confusion entretenue par les classes dirigeantes où les bonnes choses sont du ressort de l’Etat-Nation – et plus précisément de la représentation nationale et de l’exécutif – et toutes les mauvaises choses seraient le fruit du Léviathan européen. Ce discours s’apparente à une escroquerie en ce que les réglementations européennes sont souvent le fruit d’action de lobbyings politiques ou économiques. La France étant particulièrement bien placée pour imposer des réglementations contraignantes juridiquement et techniquement.

La souveraineté est cette flamme de liberté que nous mutualisons avec nos compatriotes et, plus largement, nos congénères pour illuminer les libertés collectives et défendre nos intérêts. Lorsque nous déléguons notre souveraineté, c’est pour obtenir plus de force dans l’action politique, sociale et économique. Or, depuis cette tendance générale à trouver un bouc-émissaire lorsque les forces politiques sont en manque d’idées ou de programme, la souveraineté se trouve désorientée. Qui sait réellement à qui il délègue une partie de ses droits fondamentaux et à qui il confie ses libertés ? La Ville, Le Département ? La Région ? L’Etat ? L’Europe ?

En terminer avec la confusion électorale

On confond de nos jours souveraineté et droit de vote. C’est un non-sens. En effet, l’abstention impliquerait que nous opérons un refus de souveraineté et donc d’expression de notre liberté. Or, c’est précisément l’inverse qui se passe. Cela est exacerbé par le fait que l’abstention est comptabilisée, contrairement aux votes blancs et nuls, et qu’elle fait peur aux partis politiques. La souveraineté doit pourtant s’exprimer et trouver une forme d’expression dont le vote n’a plus l’exclusive. Les choix de consommation, les actions et implications dans la société civile en sont les illustrations flagrantes. L’abstention n’est donc pas systématiquement un refus du système politique et du principe démocratique, mais un refus du système partisan qui arrive à son essoufflement le plus extrême. Reste que les formations politiques les moins ouverte à l’ensemble de la société arrivent à fédérer leurs adhérents et partisans pour entretenir le système partisan. Les programmes et idées véhiculés par les tribuns d’antan sont remplacés par des réactions à l’actualité sous forme de tweets ou d’interventions dans des talk-shows. Place à l’Entertainment et fin de l’entraînement. Il faut re-justifier le vote pour nos concitoyens en leur permettant d’exprimer leur souveraineté lorsqu’ils doivent la déléguer à des élus nationaux notamment. Il faut être lucide sur le fait que nous ne procédons plus au vote tel qu’il s’est illustré au début de la République. Méfions-nous du discours des vainqueurs « des hommes sont morts pour cela ». Cette phrase ne parle pas aux jeunes générations et ne traduit pas la substance de ce que doit être le vote. Il faut expliquer l’expression des libertés individuelles à travers le vote, mais en redonnant une expression de cette liberté qui puisse concurrencer les autres modes d’expression directs et immédiats. L’offre électorale doit mettre les partis politiques au pied du mur et les renvoyer au Peuple dont ils se prétendent les représentants, mais dont ils ne trouvent plus légitimité en termes de quorum. Rappelons également la jeunesse du suffrage universel en France ! Voter n’est pas exprimer sa souveraineté, c’est la déléguer !

Faire de la pédagogie sur l’idée, le concept et la valeur

Rappelons que la France est un « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » (art 2 de la Constitution). Également que la « souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum » (art 3 de la Constitution). La confiscation de l’offre électorale par les partis politiques exsangues de proposition, mais dont les atouts économiques les maintiennent en quasi-monopole appauvrit l’expression de la souveraineté de nos concitoyens et les dissuade, de plus, d’en faire l’exercice pour peu qu’ils sachent de quoi il ressort. La vertu des uns et des autres n’est pas à remettre en cause, mais qui, dans l’action politique, peut se prévaloir d’une totale liberté d’action envers les forces politiques en présence ? L’intérêt général et l’intérêt de la Nation apparaissent bien lointains face à la conquête du pouvoir dont l’occupation est devenue une profession à part entière. Il apparait plus que nécessaire de rapprocher le peuple de sa souveraineté et de l’éduquer à ses devoirs. Pour cela, il faut que ses droits soient clairs et qu’il perçoive une face non voilée par les intérêts partisans du pouvoir qu’il possède.

– Éduquer les jeunes générations aux enjeux civiques

– Faire des campagnes de communication efficaces pour que chacun comprenne la souveraineté et ses implications

– Rénover le système de partis pour stopper le fonctionnement politicien au profit d’une visée politique

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