Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Quel avenir pour le travail dans un monde clos ?

Respectable Loge, La Réunion des Etrangers, Orient de Paris, Région 13 Paris 3

Mots Clefs : Prix du travailRevenu universelTélétravailTravail

La crise a fait apparaître la possibilité d’un télétravail à grande échelle ? Quelles conséquences tirer de cette constatation, dans tous les domaines ?

Jusqu’au 15 mars 2020, le travail s’effectuait dans un monde ouvert à la création et à l’initiative individuelle.

Depuis toujours, le travail a été un outil de construction pour l’Homme. Mais cette construction a commencé à être formatée par la mise en place des procédures, des process qui tendent à diminuer la créativité de l’Homme pour aller vers l’uniformisation.

La montée en puissance du télétravail à la faveur de la crise sanitaire du COVID 19, la préemption de l’Intelligence artificielle posent la question : Quel est l’avenir de l’aspect social du travail ?

La nouvelle donne ne serait-elle pas : chacun chez soi, chacun pour soi ?

Le télétravail a certains aspects très positifs :

– il contribue à la diminution de la pollution car moins de déplacements professionnels

– il permet une présence plus grande des Parents dans le foyer familial

– il réduit la fatigue physique, le stress, ce qui contribue à la diminution des dépenses de santé

Néanmoins le télétravail a des aspects négatifs :

– Il est clivant entre les cols blancs et les cols bleus qui effectuent souvent des tâches qui ne peuvent pas être « télétravaillées »

– Il est perturbant dans le foyer car il y a mélange du temps familial, du temps professionnel et des espaces

– Il est un outil facile de réduction des charges pour les entreprises : suppression du bureau individuel pour le flex-office.

Le travail, valeur centrale de nos vies

Le travail n’a pas été toujours une valeur, mais il est devenu progressivement la valeur centrale de nos vies, car travail = revenu = confort, dans le meilleur des cas.

Nous avions coutume de rechercher l’épanouissement par le travail, afin d’être nourris au propre, comme au figuré par le travail bien fait, le bel ouvrage, comme le Compagnon qui construit son chef-d’œuvre.

Mais si le travail est synonyme de confort, est-il encore aujourd’hui synonyme de bonheur ? Avec l’ubérisation, je paie pour travailler et devenir mon propre patron ; la forte diminution du lien social par la montée du télétravail et l’isolement que ce dernier induit.

Or nous avons un besoin évident d’échanges humains, nous ne souhaitons pas devenir des robots qui passent leur soirée devant l’écran noir de leur ordinateur ou qui ne conversent qu’avec Siri.

Comment distinguer :

Le salariat -qui est la marque du lien de subordination entre l’employeur et le salarié- de l’emploi -qui est nécessaire pour vivre- et du travail -qui est l’acte par lequel l’homme devrait s’accomplir- ?

L’État a mis la France en « état d’urgence » du fait de la pandémie en créant un régime « d’état d’urgence sanitaire »

Pendant le confinement, tous les soirs à 19 h 40, le Professeur Salomon venait égrainer son chapelet du nombre de malades en réanimation et de morts. Après l’insécurité liée au terrorisme nous avons pris conscience de l’insécurité sanitaire, de notre fragilité face à une pandémie due à un virus inconnu.

Pendant le confinement, les inégalités sociales sont apparues de façon criante ; on ne vit pas la maladie de la même façon dans le 93 ou dans les quartiers de l’Ouest Parisien par exemple.

Le confinement a suspendu nos activités, a créé un espace-temps pendant lequel nous avons moins consommé et plus épargné.

Cette moindre consommation subie, comment envisager de la transformer en moindre consommation choisie ?

Propositions concrètes

Envisager un modèle économique où l’Homme pourrait accepter une diminution de ses moyens matériels compensés par le goût retrouvé de l’épanouissement par le travail ?

Travailler moins pour travailler mieux ?

Nous proposons des voies de recherche :

  1. Uniformiser le coût du travail en Europe afin d’éviter les surenchères et les délocalisations à seul but lucratif
  2. Contrôler le développement de l’Intelligence Artificielle et son usage : L’IA doit devenir un sujet de débat démocratique, guidé par un objectif unique : que l’homme reste en contact avec la réalité.
  3. Limiter la 5G à des usages militaires et industriels
  4. Créer des rencontres entre professionnels du même niveau salarial qui réfléchiraient à leur façon d’appréhender le travail et ses enjeux et proposeraient des solutions à leurs dirigeants. Le Medef pourrait organiser ces rencontres. Cela redonnerait de la confiance en l’entreprise, de l’autonomie aux salariés qui auraient un regard sur l’organisation de leur travail
  5. Faire avancer les réflexions sur le Revenu universel
  6. La loge doit faire un travail de réflexion sur l’imaginaire du travail. Proposer un nouveau paradigme entre l’Homme, la technique et le travail.

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