Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Où en est le développement durable, en pleine COVID 19 ?

Respectable Loge, Libertas, Orient de Paris, Région 13 Paris 3

Mots Clefs : COVID 19DécroissanceDéveloppement durable

La Covid 19 contribue-t-elle à la décroissance désirée par certains écologistes ?

Mars 2020…le monde à l’arrêt fait diminuer la pollution un peu partout. Pour la première fois depuis qu’il est mesuré (les années 70), le jour du dépassement (« Overshoot Day »), autrement dit le jour à partir duquel nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres, construit et cultivé plus de terres que ce que la nature peut nous procurer en une année, a reculé de trois semaines : du 31 juillet en 2019, il est au 22 Aout en 2020. D’après les organismes officiels, c’est la baisse de la consommation d’énergies fossiles dans plusieurs secteurs (transports, industrie…) qui a permis ce gain. Gain ? Nous allons néanmoins vivre quatre mois à crédit de notre planète et de ses enfants à venir. Et gain stabilisé ? Surement pas. Si l’économie repart, notre dépassement repartira de plus belle. C’est d’ailleurs le rêve assumé de nos dirigeants. Relancer le monde de plus belle, pour éviter le chômage et la pauvreté…dit-on.

Quelle peut-être la réaction d’un militant du développement durable devant ces chiffres ?

Un légitime accablement ?

La première réaction est l’accablement. L’accablement qui suit les rendez-vous ratés, les opportunités qui renvoient à d’autres années, peut-être des décennies une action déjà tardive à ce jour. L’accablement qui peut déboucher sur une totale démotivation, un découragement absolu. Pourquoi ne pas donner raison alors aux divers catastrophismes en se disant que si l’humanité court à sa perte, tant pis pour elle, elle ne mérite pas autre chose ; et que dans quelques millions d’années, une autre forme de vie intelligente fera peut-être mieux que Homo Sapiens Sapiens afin de profiter des quelques milliards d’années de répit laissées par notre soleil avant que tout ne disparaisse dans notre périphérique morceau de galaxie.  

Des raisons d’espérer

Et puis, nous essayons de comprendre. Comprendre pour tirer les leçons. Pourquoi ne voit-on pas que l’on respire mieux, que tout ce qu’on achète à bas coût dans de pauvres pays où la main d’œuvre est celle de femmes et d’enfants en esclavage ne nous sert à rien, ne nous rend pas heureux et n’enrichit que quelques capitalistes presque tous corrompus et qui espèrent en le transhumanisme pour sauver leurs sales peaux et laisser mourir le reste de l’humanité le jour venu ? Que le seul bonheur qui a compté ces derniers mois était d’être auprès des siens (combien de pères ont pris conscience que leurs enfants grandissaient chaque jour sans qu’ils les voient)? A condition bien sûr de pouvoir les nourrir, les instruire, les soigner. Cette crise nous a ramené aux besoins fondamentaux. Et dans ces besoins fondamentaux, notre désir d’espace et de nature qui nous a dispersés dans les campagnes et au bord de mer cet été.

Et c’est là que les raisons d’espérer reviennent. Dans les richesses premières- premières comme on dit les peuples premiers – figurait en bonne place la nature. Le vert des arbres et des plantes, la beauté des fleurs, le vent à plein poumon, le bruit des vagues, la terre sous nos pieds. Je veux croire que, si l’esprit est frivole, le corps n’oubliera pas.

Ce besoin de nature fait résonner (raisonner ?) en nous, du moins, je le crois, la nécessité que nos enfants aient un avenir qui passe par cette terre que nous leur léguerons, en bon ou en mauvais état. Cette prise de conscience sera peut-être oubliée dans les très surestimés fastes de la relance, encore que…. Cette crise en prépare d’autres, et, crise après crise, clou après clou, nous ne pourrons pas faire comme si l’écologie n’existait pas.  Je parle de la vraie écologie, non pas de celle qui se pare des déchirures de la planète pour s’emparer du pouvoir politique, si décrié soit-il de nos jours.

Si nous ne réussissons pas, nos enfants le pourront, ou les enfants de nos enfants. Alors bien sûr il sera bien tard. Mais personne n’est vraiment sûr qu’il sera trop tard. Peut-être pas pour la même vie, il est certain qu’avant que nos pensées deviennent la réalité, la biodiversité aura bien souffert et ne sera pas la même qu’aujourd’hui. Mais c’est déjà le cas, n’est-ce pas ?  Les milliers, peut-être millions d’espèces disparues, parfois avant d’être reconnues, c’est déjà notre quotidien. Nous ne devons pas nous arrêter à cela. La vie animale sans dinosaures vaut mieux que la totale absence de vie et une planète rendue à sa minéralité originelle.

Non, il ne faut pas désespérer. Il faut tenir le flambeau sans être sûrs que ce soit nous qui puissions voir la victoire de nos yeux. Mais si personne ne tient le flambeau, personne non plus ne le transmettra. Goutte après goute, de notre sueur, de nos larmes, de nos désillusions, nous tiendrons pour tenter de sauver notre planète. Et à ceux qui nous disent « ce qu’il reste de notre planète, plutôt que notre planète », rappelons que ça a toujours été le cas, que nous n’avons jamais eu la prétention d’en transmettre une version originelle, mais la version la moins dégradée possible de celle que nous avons reçue.

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