Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

La mondialisation

Respectable Loge, La Lumière du Hainaut, Orient de Maubeuge, Région 10 Nord - Pas de calais - Picardie et Loges d'Angleterre

Mots Clefs : Mondialisation

La crise sanitaire, déclenchée il y a plusieurs mois et qui continue à sévir à travers le monde, a fait apparaître de nombreuses carences et défaillances et a ébranlé certains systèmes qui sous-tendent le fonctionnement de nos sociétés depuis de nombreuses années.

Parmi ceux-ci : la mondialisation dont on peut aujourd’hui mesurer les limites, les contradictions voire les effets pervers mais qu’il ne faut pas, selon certains, rejeter en bloc ou diaboliser à l’extrême, puisque dans ses principes de base, il s’agit de favoriser le développement de la production dans certains pays et d’en réduire ainsi la pauvreté, d’accélérer et d’intensifier les échanges commerciaux, ce qui garantit une forte croissance de l’économie mondiale et la circulation facilité des personnes pour une meilleure connaissance des peuples et de leurs cultures.

Néanmoins, la mondialisation est au centre de cette catastrophe pandémique puisque :

  • les échanges accélérés des marchandises et des personnes ont contribué à une contamination très rapide de toute la planète ;
  • l’économie ultra libérale orientée systématiquement vers le plus offrant a mis en exergue la fragilité de notre capacité d’approvisionnement  en impactant prioritairement le domaine de la santé.
  • le coût des produits vitaux s’est considérablement accru, notamment suite au fort ralentissement de l’activité de production et à la fermeture des frontières.  Il ne peut alors être assumé que par les pays les plus riches au détriment des plus pauvres ;
  • les systèmes « locaux » (au niveau des États et des Régions), économiques, sociaux environnementaux… déjà fortement démunis s’en sont trouvés plus affaiblis encore.

Dès lors :

  • Faut-il continuer à être des citoyens inféodés à un monde basé sur une croissance soi-disant infinie comme modèle de société, alimenté par le capitalisme financier et la consommation à outrance ?
  • Faut-il continuer à accepter les dérives d’un système financier tout puissant qui déstabilise les fonctionnements politiques, sociaux, écologiques de nos sociétés ?

En ce qui concerne l’Institution européenne, elle fut largement mise en cause dans son incapacité plurielle à gérer la crise sanitaire.

L’Europe s’est montrée inexistante à presque tous les niveaux et n’a jamais proposé de vision commune sur les règles de circulation des personnes, sur une politique de prévention et de soins, sur le nécessaire partage des ressources médicales.

L’Europe doit retrouver son identité propre, son autonomie globale, sa force économique notamment axée sur une relocalisation territoriale qui favorise l’ancrage local d’entreprises performantes et dynamiques, en identifiant certaines priorités (comme la production pharmaceutique par exemple).

Elle doit se ressouder et développer sur son périmètre les industries nécessaires pour garantir ses besoins vitaux et s’affranchir de toute ultra dépendance américaine ou asiatique. Elle en a les moyens financiers, les compétences techniques et intellectuelles et peut même valoriser un marché intérieur rentable qui assoira sa compétitivité et son autonomie, tout en évitant le piège du repli sur soi et du regain de nationalisme.

Et demain ?

Alors que s’impose l’impérieuse nécessité de construire un monde différent ou l’Homme retrouverait sa place prépondérante, force et de constater que la plupart des gens veulent revenir « à la vie d’avant », retrouver leur niveau de vie « pré-covid », leur frénésie de consommation, leur appât du « plus » et non du « mieux ».  La priorité économique reprend le pouvoir, une fois encore au détriment d’une plus grande équité sociale. 

Il faut faire un constat d’échec dans la prise de conscience de la formidable opportunité de changement(s) qu’offrait la crise sanitaire pour repenser, en profondeur nos modes de vie et de fonctionnement, repenser l’avenir de manière solidaire et collective, alors que nous retournons à l’immédiateté individuelle, ou encore redécouvrir certaines valeurs essentielles liées au travail et à la nature.

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