Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Inégalités : Source de tous les chaos ?

Respectable Loge, Germanor, Orient de Perpignan, Région 8 Languedoc - Roussillon

Mots Clefs : Inégalités

Problématique : les inégalités entre personnes et pays ne sont-elles pas mortifères, voire source de chaos ?

En observant les turbulences économiques et sociales provoquées par l’épidémie du Coronavirus, un lien quasi-mécanique apparaît entre richesse du pays et mortalité de ses habitants. Grand-Paris Est, par exemple, plus pauvre en moyens financiers et en médecins, est doublement touché par la mortalité que Grand Paris ouest, plus richement doté en moyens et en médecins. De même souffrent davantage les pays où la couverture santé est plus faible, comme l’Inde ou les États-Unis, de même les pays sans aide de l’État pour maintenir les revenus, comme l’Afrique, l’Inde, où les habitants sont obligés de travailler pour survivre.

Les inégalités touchent les territoires, autant localement qu’à l’échelle de la planète (inégalité nord- sud), mais aussi les catégories sociales, par le revenu, la culture, l’accès aux soins, l’éducation aussi, car l’absence de suivi a multiplié les cas de décrochement scolaire. Lorsque l’épidémie est hors de contrôle, la santé des personnes le devient également, liée au chaos sanitaire, social, économique.

L’inégalité est parfois injuste car les enfants et les jeunes, moins touchés biologiquement, ont davantage souffert, sacrifiant leurs études, leur accès à l’emploi, pour une meilleure prise en charge médicale de leurs aînés. De même certaines catégories sociales, comme les soignants, ou des travailleurs œuvrant aux premières nécessités, qui prennent des risques en travaillant quand d’autres sont en chômage partiel, La dignité de ces travailleurs devrait être reconnue à sa juste valeur.

Les pays qui consomment davantage d’énergie, et donc qui polluent davantage, ont de meilleurs équipements et de meilleurs soins. Là encore, les inégalités sont paradoxales : les plus pollueurs des états sont les mieux soignés. L’injustice est grande pour les moins dotés.

On le voit, les inégalités, par les biais de l’énergie, des revenus, de la culture technique, de l’éducation, de l’implantation géographique, génèrent un sentiment d’injustice générateur de chaos social.

État de l’art

Que nous montre l’histoire, et quelles sont les discours actuels sur cette problématique des inégalités entre les groupes humains ?

L’histoire nous montre que les inégalités ont toujours été là, à tous les siècles, et dans toutes les sociétés. Si elles sont parfois tolérées, voire pendant des siècles, lorsque les gens d’une classe soumise trouvent des justifications au sein de leur culture, parfois religieuse, parfois identitaire, les inégalités deviennent insupportables lorsqu’elles s’accompagnent du sentiment de l’injustice. Cette

« insupportabilité », parfois « éclairée » par les philosophes, et modélisée par les économistes, devient vecteur de révoltes, et de révolutions, seule façon pour les peuples de lutter pour leur survie.

Des philosophes, des économistes, des syndicalistes, des hommes politiques de notre temps proposent des réformes pour gommer ces injustices.

Le grand responsable des inégalités est souvent identifié comme le système capitaliste mondialisé, avec ses mécanismes de croissance, de profit, et ses constantes « éthiques », assumées par la plupart, que sont la liberté individuelle et la propriété privée, sans limites ni plafonds, ni dans l’espace ni dans le temps, avec les principes d’héritages de fortunes et de patrimoines. Les solutions proposées, sauf à faire table rase du passé (cataclysme, guerre, révolution), résident dans une régulation ou transformation de ces mécanismes.

Ainsi, la propriété devra être limitée, la taxation étant une façon de le mettre en œuvre : taxation par tranches sur les revenus, mais aussi sur les patrimoines, tant immobiliers que financiers (Picketti). Aussi l’entreprise devra être démocratisée dans son organisation décisionnelle, avec une place significative des salariées dans les conseils d’administration (CFDT), afin de peser sur les stratégies

industrielles, et de défendre une répartition juste et honnête des profits et bénéfices entre toutes les composantes de l’entreprise : les actionnaires, les investissements, les salariés, et l’État qui apporte sécurité et infrastructures.

Une autre proposition réside dans le principe de participation (De Gaulle, Darmanin) qui permet, en prélevant une part des bénéfices, d’augmenter les revenus salariés. Une autre solution est la participation des salariés à l’actionnariat, qui permet de partager le pouvoir de décision et une part des dividendes. (Syndicats, socialisme autogestionnaire).

Lutter contre les inégalités indécentes de revenus n’exclut pas de lutter contre les inégalités de décision, c’est pourquoi les économistes et hommes politiques ou les représentants des salariés défendent une plus grande démocratie dans l’entreprise.

Actuellement, la contrainte écologique est si impérieuse que tout traitement de la lutte contre les inégalités doit être cohérent avec le respect de l’environnement, des espèces vivantes, et concourir à la baisse des besoins en énergie. Une certaine décroissance choisie est souvent proposée, notamment des consommations énergétiques. Une autre croissance est proposée, comme la croissance « verte », avec de nouveaux moyens de transports, d’alimentation, d’habitats, de communications.

L’Etat devra être le maître d’œuvre de ces réformes, Mais encore les citoyens, grâce à leur immense pouvoir de choix dans leurs achats, pouvant aussi se manifester par le boycott de produits non satisfaisants, tant alimentaires que ménagers, touristiques, technologiques, ou culturels.

Le but de ces réformes est de générer davantage de moyens pour les États permettant le financement des besoins de base pour tous : le besoin d’un revenu pour vivre, celui d’une garantie santé, et celui du minimum d’éducation.

D’une façon plus générale, La « transformation » actuelle et cynique du système capitaliste doit être elle-même « transformée » (E. Morin) : notre pays doit rester mondialisé pour de nombreux aspects de la vie collective (culture, industries, recherche, écologie, sécurité) et en même temps rester local et localement souverain (notamment pour les besoins de base de l’alimentation, de l’éducation et de la santé) ou encore souverain de façon européenne (défense, stratégies industrielles, produits pharmaceutiques de base)

Nos solutions de fraternité pour « Après » ?

La fraternité est un idéal qui nous permet de donner un sens à notre vie, celui d’une société harmonieuse animé par l’amour entre les personnes. Les inégalités, ressenties comme une injustice entre les humains, est une épine indélébile qui empêche toute fraternité véritable, car elles sont la négation pratique de l’autre, qui est un autre soi-même. Nous devons promouvoir, nous les francs- maçons, en tant que lobby, ou force de persuasion auprès des pouvoirs publics et en tous lieux de réflexion stratégique, les solutions qui renforcent la limitation des revenus et patrimoines, qui renforcent la transformation du capitalisme en modifiant la démocratie dans les entreprises, ainsi que la démocratie au sein des instances républicaines législatives et exécutives (proportionnelle, tirages au sort, etc). Nous devons promouvoir les propositions de la conférence citoyenne sur l’écologie, et nous mobiliser pour nous les approprier.

Nous devons enfin, chacun à sa place, dans sa famille, son entreprise, son village et sa région, mettre en œuvre tous ces principes de transformation de notre capitalisme devenu fou furieux vers une économie réorientée vers l’intérêt de tous, de tous continents, soucieuse de notre futur déjà abîmé afin de laisser à nos enfants une planète où le vivant s’épanouit à sa juste place.

C’est notre devoir de franc-maçon, car, « si la vie n’a pas de sens en soi, c’est à chacun de nous de lui donner du sens ». Sans combat contre les inégalités, pas de fraternité possible ! Notre utopie de fraternité est un moteur pour des comportements éclairés et collectifs dans ce combat contre l’injustice ou l’arbitraire des situations.

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