Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Décroissance et Revenu Universel, de la nécessité d’un nouveau modèle aux couleurs humanistes

Respectable Loge, Fraternité – Loyauté, Orient de Marseille, Région 15 Provence- Alpes - Corse et Loges de Sardaigne et d'Italie

Mots Clefs : DécroissanceEcologieEducationRevenu universel

Le système actuel basé sur la fausse idée d’une croissance infinie n’impose-t-il pas un changement radical de référence ? « Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini… est soit un fou, soit un économiste », a écrit Kenneth Boulding. Cette croissance matérielle à bout de souffle, aux effets plus désastreux que vertueux, génère de multiples déséquilibres, une course effrénée à un toujours plus irresponsable et orgueilleux souvent synonyme d’un occident ventripotent, auxquels s’ajoutent des problèmes conjoncturels démographiques (densité d’occupation dantesque, sur-urbanisation, déserts ruraux) qui soulèvent l’évidente question de la surpopulation. Par ailleurs, dans une société aux bienfaits de moins en moins partagés, des plaies béantes illustrent en partie la sclérose du modèle actuel et instaurent un clivage profond entre les individus. L’indécente injustice sociale et la disparate répartition des richesses alimentent une pauvreté galopante autant que l’avidité des puissants, l’exploitation de l’Homme soumis à l’individualisme de la compétition économique, la destruction du tissu social, un épuisement systématique des ressources naturelles, la violence légitimant, irresponsablement, la répression au détriment de la solution, ainsi que la gangrène d’une système financier spéculatif incontrôlé De cette société qui jouit, à la planète qui désormais gémit, les indicateurs économiques actuels ne sont plus des marqueurs acceptables du progrès de l’humanité car ils ne prennent pas ou peu en compte les valeurs humaines et sociétales. Nous ne pouvons désormais que refuser une croissance économique et financière inhumanisée et consumériste, tant l’idée du progrès ne vaut que s’il est partagé par tous. Quelles alternatives à un modèle en perdition ? La crise sanitaire a offert à l’échelle mondiale une fenêtre ouverte sur un monde de nouveaux possibles. Le constat d’une diminution de la consommation au bénéfice d’une planète et d’une humanité qui se portent mieux, incite à « un vivre différemment » dans lequel s’invite une nouvelle valeur du temps et instaure une préservation des ressources au-delà des intérêts économiques. N’est-il pas temps d’évoluer vers des modèles alternatifs, solidaires et coopératifs, prônant partage et engagement citoyen qui responsabiliseraient les individus dans un devenir commun ? Même s’il est nécessaire d’éviter une possible disruption brutale et un effondrement catastrophique de l’écosystème, la vitesse et l’échelle du changement interrogent afin de porter un projet qui fait sens, soulevant l’adhésion du plus grand nombre. L’univers maçonnique et les courants humanistes, demeureront un support pour un futur commun. Le défi réside alors dans l’idée d’accompagner l’humanité vers un moins matériel où les disparités sont déjà légions autant dans la société occidentale qu’à l’échelle planétaire. 2 De ce fait, la nécessité d’une transition expliquée, organisée et accompagnée s’impose, tout en mettant fin à un système basé exclusivement sur une économie de marché, l’idée donc d’une décroissance avant tout économique, portant les couleurs de l’écologie et de l’éthique. Un nouveau modèle tourné vers l’amélioration de l’Homme et la société Une refonte du système éducatif, premier vecteur du changement, concourra à encourager l’écriture d’un monde différent. Par de nouvelles pédagogies et apprentissages, commencera l’éducation des jeunes publics appelés à devenir les adultes de demain. La culture des sentiments, l’apprentissage de l’empathie et des valeurs humaines primeront pour développer l’autocritique et la sensibilité aux arts, favorisant ainsi l’idée d’un entre soi apaisé. C’est avant tout un capital humaniste qu’il s’agirait de constituer, consolider et former. Les valeurs d’une écologie éclairée nous accompagneront vers une société plus responsable. La liberté d’entreprendre sera légitimée par sa réelle utilité, tout comme les productions nocives ou superflues seront limitées au strict essentiel. La production et la consommation seront repensées à travers un recyclage optimisé, une redistribution organisée des surplus, un partage équilibré et un usage raisonné des ressources, privilégiant la qualité plutôt que la quantité. Elles redéfiniront ainsi la fonction du travail et de facto l’usage de notre temps, le couple « bien être / temps » prenant ainsi le dessus sur les valeurs « productivité / travail ». Tout en préservant les conquêtes balbutiantes de la République autour du droit à la santé, à l’éducation et à la dignité pour tous, ces biens communs immatériels deviendront les véritables richesses de la société civile. Le Revenu Universel et Inconditionnel instaurera une justice sociale indispensable. Il permettra de libérer l’Homme des contraintes matérielles et donnera à chacun la réalité d’une citoyenneté économique. Il appellera l’individu à choisir pleinement sa contribution à la société en le projetant dans un avenir recherché et désiré. Il deviendra la garantie d’accès aux biens et services de première nécessité pour tous et confortera l’accès à la dignité tel que défini dans l’article 25 des Droits de l’Homme et du Citoyen. Les différents éléments de cette croissance du « bien-être » forgeront le concept d’une richesse collective désormais immatérielle en bâtissant un nouveau paradigme, substituant ainsi “l’être” à “l’avoir”. Ne sera-t-il pas également nécessaire de redéfinir la notion de gouvernance qui ne soit pas un rapport de force dominant-dominé, mais la construction d’un devenir dans une communauté de destin ?

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