Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Contribution

Respectable Loge, Les Frères de Saint Jean, Orient de Lille, Région 10 Nord - Pas de calais - Picardie et Loges d'Angleterre

Mots Clefs : FinancementFormationTravail

La pandémie mondiale actuelle a pris le monde entier au dépourvu et le désordre qu’elle a provoqué est un désordre supplémentaire dans les désordres continuels que la race humaine a généré depuis son origine, ce dont je vous ai précédemment rappelé.

Or, devant ce cataclysme, notre Société, dans tous les secteurs de pensée, semble vouloir chambouler, la manière de vivre et apporter une sécurité d’existence pour ses concitoyens.  Il est évident que tout ne peut pas être changé en même temps et je me limiterai à l’expérience française du confinement et chômage partiel, qui, en fait, est un embryon du revenu universel que l’on pourrait étendre en expérience dans cette élaboration de nouvelle société qui tente des penseurs : sociologues, philosophes, politiques, économistes etc.

Or, même si la notion de revenu universel, apparue au 17ème siècle dans le rêve utopiste de Thomas Moore, reprise dans les siècles suivants par des philosophes et scientifiques tels que Fourier, Einstein, Théobald, est toujours considérée irréalisable par certains, il n’empêche qu’elle interroge aujourd’hui sur sa relation avec la notion de travail.

En effet, après les avancées du siècle des « Lumière », les siècles suivants ont petit à petit laissé au pouvoir économique les rênes de gérer la société au détriment du pouvoir politique. Il a ainsi réussi sa propre mutation en transformant son économie libérale de marché en une économie financière du marché avec l’objectif d’un profit maximum en imaginant le principe de mondialisation. Il permet aux entreprises le soin de s’organiser en Holding par exemple, c’est-à-dire garder le Haut du Bilan et donner l’exploitation au manager dans les secteurs profitables, ne laissant aux Etats que les risques n’apportant pas de plus-values financières. Ainsi, l’exploitation non assez rentable peut disparaître sans trop de dommage à la holding mais catastrophe pour l’humain.

De ce fait, si la notion de travail était une valeur dans le capitalisme libéral avec le triptyque Travail-Activité-Profit, cette notion disparaît dans nos économies dites évoluées vers la notion d’emploi aléatoire compte tenu de ce qui vient d’être dit. En outre, le progrès technique de plus en plus tourné vers les intelligences artificielles, les délocalisations, la désertification des régions, etc, ajoute, à cette tendance qui risque d’aller qu’en empirant sauf dans le cas où les décisions prises permettent le retour à une saine gestion désirée semble-t-il par la pensée moderne, comme nous allons essayer de montrer. La Société doit permettre à chacun de ses concitoyens de pouvoir vivre de façon honorable. C’est pourquoi la question posée ne peut plus être utopique devant l’expérience tentée par le gouvernement français dans ce confinement qui tente d’une part de sauver des salariés et d’autre part de garantir la survie des entreprises. Nous voyons que ce système est un début de revenu universel, mais il est évident qu’il ne peut pas être étendu à tous dans de telles conditions c’est-à-dire dans l’intervention unique de l’Etat lui imposant un déficit abyssal de son budget. Nous pensons donc que nous devons intervenir autrement. La formule utilisée ne peut être qu’une étape vers le revenu légitime d’existence pour tous, auquel viendra s’ajouter les émoluments obtenus lors de l’embauche de travail, la réciprocité étant la formation continue des citoyens pour ne pas verser dans le laxisme.

Pour cela, il faut que les pouvoirs : politique, économique et syndical organisent leurs réflexions sans que l’un veuille supplanter les autres pour trouver un équilibre entre travail, revenu d’existence et profit, sur des thèmes, comme par exemple :

  • Flexibilité, nous pensons que les contrats de travail dans l’avenir ne seront que des missions de courte durée ou moyenne durée permettant à l’entreprise de pouvoir évoluer en fonction de la conjoncture et du progrès technique.
  • Formation, tout être doit devoir constamment progresser pour être prêt à être embauché. En contrepartie, les organismes de formation doivent être de haut niveau à la hauteur de celui du progrès incessant.
  • Financement, d’un côté, l’Etat abroge toutes les charges et toutes les allocations existantes, chômage, RSA et autres, il y en a tellement, le pouvoir économique accepte une taxe sur le CA mondial, dégressive en fonction de l’endroit où la production et la fourniture de production sont effectuées : France, Union Européenne, Monde. De l’autre, L’Etat apporte toute sa contribution pour les secteurs régaliens.

L’évolution de la Société ne peut se réaliser que dans cet équilibre entre pouvoir politique, pouvoir économique et pouvoir syndical car les uns ont toujours besoin des autres, si elle veut avancer de manière sereine. Alors, dans la sphère dans laquelle nous travaillons, nous ne pouvons que nous réjouir de cette interrogation entre revenu universel et travail pour que nos valeurs d’égalité, de fraternité et de liberté soient effectivement mises en véritable réalité et plus en virtualité. Il est évident que ces quelques réflexions pourraient être beaucoup plus approfondies mais, ce jour il ne s’agit que d’une présentation synthétique d’idées qui pourraient peut-être intéresser certains.

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