Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Comment améliorer la prise de conscience de la dimension citoyenne de chacun dans une dimension plus globale pour construire une humanité plus juste et plus éclairée ?

Respectable Loge, Lumière – Tolérance – Fraternité, Orient de Lyon, Région 6 Est et Loges de Suisse

Mots Clefs : CitoyenÉducationEuropeSupranational

Une pandémie qui remet en cause l’esprit de compétition et le productivisme d’un monde globalisé et suscite une nouvelle prise de conscience citoyenne.

La crise provoquée par la pandémie du Covid-19 nous expose à l’émergence de régimes autoritaires sur le territoire national comme dans de nombreux pays dans le monde. Le GODF fidèle à ses idéaux républicains et universalistes nous invite à repenser la dimension citoyenne de chacun d’entre nous dans un cadre plus globalisé. Examinons à grand trait ce que cette crise nous append sur le monde d’aujourd’hui.

Nous vivons dans une Société qui exige de chacun, un esprit de compétition généralisé des individus et des entités nationales. Cette pression compétitive et le productivisme qui en découle a pour conséquence un développement permanent et sans fin de la société capitaliste, au détriment de nos espaces naturels. La politique de Trump comme celle de la Chine convertie au capitalisme conquérant en sont les exemples les plus caricaturaux. Le libéralisme économique européen prônant comme valeur fondamentale « la concurrence libre et non faussée » laisse peu de place, lui aussi, à la construction d’une humanité plus juste et plus solidaire. Pourtant ce productivisme sans frein, cette surexploitation de la nature et des hommes vient de trouver dans l’apparition d’une pandémie (Covid-19), une limite qui nous pousse à réfléchir sur notre condition humaine, sur les relations que nous entretenons avec nos frères humains et sur la conception que nous avons de notre rôle de citoyen de notre République, de notre rôle de citoyen de la Communauté Européenne et pourquoi pas de futur citoyen du monde. Mais comment faire prendre conscience, à des individus animés d’un esprit de compétition, de l’interdépendance de tous, de la nécessaire solidarité de tous pour tous, face à tout ce qui menace l’existence même de l’humanité (crise climatique, crise démographique, crise des besoins énergétiques, crise sanitaire et de la diversité des espèces vivantes…) et du nécessaire partage des richesses matérielles ou immatérielles pour le bien de tous ?

Pour une politique d’éducation publique et laïque du citoyen au niveau de la nation, de l’union européenne, du monde.

L’éveil des consciences, l’altruisme, la solidarité ne se développent pas spontanément dans les sociétés humaines, rien ne remplace l’éducation, celle des parents et celle des maitres pour élever le petit de l’homme et le futur citoyen. Il faut un long cheminement intellectuel et moral pour découvrir l’autre comme frère en humanité, plus difficile encore est de concevoir une organisation collective qui rassemble les hommes autour de ce qui fait le bien commun, le bien public. Pour former des citoyens éclairés, des citoyens aptes à penser par eux-mêmes et susceptibles de devenir des êtres utiles à la construction d’une humanité plus juste, les francs-maçons sont de tous les combats pour l’amélioration de l’éducation publique et laïque des jeunes générations et la formation permanente des adultes. La formation professionnelle est, certes, utile pour trouver une place dans l’environnement économique mais la formation culturelle, scientifique, civique, morale et philosophique prépare la Nation à la construction d’un bien public protecteur lorsqu’adviennent les mauvais jours. En matière sanitaire c’est d’abord à la prévention que les autorités publiques doivent se consacrer, mais aussi donner les moyens aux structures sanitaires comme les hôpitaux et les institutions de solidarité comme la Sécurité sociale d’assurer leur mission. Peut-on s’appuyer uniquement sur des institutions privées ou religieuses bras que menacent la guerre, les catastrophes écologiques, les crises économiques, financières ou sanitaires ? II ne s’agit pas d’étatiser l’ensemble des entreprises privées mais de protéger le bien commun par des services publics échappant à tout intérêt privé. Pour ce qui concerne la crise sanitaire actuelle, la pénurie de matériel médical et de médicaments de première nécessité et la recherche puis la production de test et de vaccins, nous rappelle cruellement les erreurs stratégiques des politiques industrielles de notre pays. Le citoyen éduqué, conscient du bien public, ne devrait plus capituler devant la sacrosainte loi dumarché, dogme défendu par les économistes libéraux, mais promouvoir l’émergence de concepts d’économie politique et sociale où la coopération et la solidarité sont les valeurs fondamentales.

Ce nouveau citoyen ne doit pas se contenter du cadre de l’état-nation et devant les réflexes égoïstes constatés durant cette crise sanitaire, il doit exiger que soit reconnue toute sa place dans le cadre de l’Union européenne. Il n’est pas possible que perdure dans cette Union autant de politiques sanitaires (ou autres) que d’état membres sur des sujets qui concernent les intérêts communs de tous les européens. Au risque de l’utopie développée par les mouvements de type mondialiste, la pandémie a fait apparaître la nécessité d’institutions mondiales supranationales. L’OMS institution internationale, encore trop inféodée aux égotismes des états-nations, constitue un embryon de ce que pourrait être des institutions supranationales pour la santé, le climat, l’environnement, la surpopulation, les ressources naturelles… Encore faudrait-il que leur soit reconnue une légitimité que seuls les citoyens des peuples du monde pourraient leur accorder.

Esquisses de propositions

Consacrer une part budgétaire plus importante au développement de l’éducation citoyenne, dès l’école élémentaire, en France comme en Europe. Cela passe par la formation des enseignants et la revalorisation de leur profession. Les citoyens ont besoin aussi d’une information indépendante la plus libre possible. La concentration de l’information dans les mains de puissances économiques et médiatiques n’est pas souhaitable. Enfin, l’Europe doit avoir une politique d’indépendance numérique vis à-vis des autres grandes puissances.

Tout en respectant la souveraineté des états-nations donner au Parlement européen un pouvoir élargi afin qu’il fasse la promotion de nouvelles compétences européennes en matière sanitaire, écologique, fiscale et stratégique, L’Europe se doit aussi d’apporter une aide éducative internationale pour les pays les plus pauvres.

Créer des agences supranationales mondiales indépendantes des États-Nations pour tout ce qui touche la survie de l’humanité : climat, protection des espèces vivantes, santé, armes de destruction massive… L’idée d’une citoyenneté mondiale pour assurer la survie de l’humanité doit émerger dans la conscience citoyenne. Est-ce de l’utopie que de promouvoir un Congrès des peuples élu en complément des Nations Unies trop souvent impuissantes ?

Développer l’éducation citoyenne nationale, européenne et mondiale. Favoriser les médias libres et indépendants au service des citoyens. Augmenter les compétences de la Communauté Européenne (la santé, l’éducation internationale, la fiscalité…) Créer des agences supranationales pour tout ce qui touche la survie de l’humanité.

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