Sceau GODF
Mariane
Livre blanc

Chacun et tous font société et humanité

Respectable Loge, Cabaret Voltaire, Orient de Toulouse, Région 17 Sud et Loges d'Espagne

Mots Clefs : AltruismeDroits et devoirsEmpathieÉthique individuelleVie en société

Problématique, constat, contexte de la contribution

L’individu et la société : Après cette crise, le citoyen doit-il repenser son éthique personnelle ; à savoir : la combinaison subtile de ce qu’il peut faire, ce qu’il doit faire, ce qu’il veut faire ?

La période de confinement récente imposée à tous les Citoyens a été une épreuve physique, psychologique et spirituelle dont les impacts ne se sont pas tous encore révélés. Nous pouvons tenter de comparer cette épreuve, dans une certaine mesure, à celle du Cabinet de réflexion. Le confinement a créé un retrait et une mise hors du temps qui a incité certains Citoyens à se pencher sur eux-mêmes, sur leurs liens aux autres et à leur environnement. Une réflexion plus ou moins aboutie a pu se faire mais contrairement à celle du Néophyte qui est complétement isolé et guidé par des symboles judicieusement choisis, elle a été parasitée par les médias, les réseaux sociaux et certains « rituels » comme par exemple, le décompte des malades et des décès à la télévision, les apéritifs virtuels ou les applaudissements de 20h.

La réflexion s’est souvent tournée sur « l’après » avec l’idée qu’il sera forcément différent de « l’avant » et que le dé-confinement débouchera sur un autre monde. Là aussi, le parasitage des médias a recommencé au fur et à mesure que la fin du confinement approchait. Si le Citoyen a pu identifier des leviers de changements, des causes qui lui tenaient à cœur, des chantiers à commencer, les pressions économique, scolaire et médiatique sont revenues à la charge avec des questions tout aussi graves (le chômage de masse) que futiles (les prochaines vacances).

Contrairement au Cabinet de réflexion où le Néophyte réfléchit seul et dont il sort guidé et progressivement aidé à accomplir sa mutation, les Citoyens qui ont ébauché une réflexion de changement n’ont probablement pas pu la pousser jusqu’à son terme d’où peut-être un sentiment de frustration, de perte de repères ou de malaise. Certains refusent de revenir par exemple au travail ou de renvoyer leurs enfants à l’école. Ajouté à l’indécision et à l’incertitude, ce sentiment va contribuer au chaos à court et peut-être moyen terme. Il y aura probablement deux blocs qui se feront face : ceux qui souhaitent un changement rapide, immédiat à la hauteur de leurs espérances et de leurs fantasmes de « l’après » et ceux qui veulent que tout reprenne comme avant. Une part plus ou moins important de la société sera entre les deux, ne sachant que penser et que faire. La place du changement efficient, tant espéré par et pour les Hommes, va être tenue. Comment faire pour que les germes du changement et l’espoir d’un monde meilleur semés durant le confinement puissent s’épanouir ? Il va falloir que les Citoyens envisagent un travail sur la durée, qu’ils s’arment de patience, de rigueur, d’exigence et de persévérance ; qu’ils soient durs avec le fort et tendres avec le faible ; qu’ils ne perdent pas de vue l’objectif qu’ils se sont librement fixés. Il y aura des obstacles de toutes sortes : économiques, politiques, financiers, civilisationnels et même naturels qui s’opposeront à ce changement. Il leur faudra apprendre à les connaître, les anticiper et les contourner. Ce changement auquel aspirent les Citoyens se fera sur la durée, peut-être sur plus d’une génération. C’est cette certitude de l’inéluctable que les Citoyens doivent intégrer. Elle leur servira de fondation solide et les aidera en toutes circonstances à poursuivre ce travail. Nous, Francs-Maçons, qui connaissons ce chantier de longue haleine, pouvons, devons, servir de guides sur ce chemin vers un monde meilleur.

Etat des réflexions déjà produites sur le sujet, Etat de l’art…

De nombreuses réflexions et initiatives ont été lancées sur le sujet de l’avant/après Covid. Politiques, philosophes et citoyens se sont exprimés sur le sujet, avec beaucoup d’optimisme pour certains sur le monde d’après, d’autres étant plus sceptiques et alertant sur le risque de retour à la normale d’une société qui retomberait dans ses travers, oubliant ses héros de la crise.

Une plateforme consultative citoyenne a également été lancée par 60 parlementaires pour permettre aux français de repenser la société sur différentes thématiques au travers d’une plateforme en ligne (https://lejourdapres.parlement-ouvert.fr/).   

On peut d’ores et déjà constater que l’ensemble du monde a fait un pas (plus ou moins forcé) concernant la technologie et particulièrement dans le domaine du digital. Les réseaux sociaux ont connu une explosion de fréquentation et/ou de création de comptes. Il en est de même pour les systèmes de Visioconférence, par la volonté de vouloir garder le lien, tant personnel que professionnel, tout en respectant la distance.

De très nombreuses démarches se sont faites par dématérialisation et c’est notamment au travers de cela que l’on peut remarquer la capacité d’adaptation de l’être à trouver des solutions. De nouveau, un élan de solidarité s’est installé, l’Homme a la capacité d’une réaction rapide pour aider son prochain comme il l’a déjà démontré notamment lors de différentes catastrophes naturelles. Cette capacité étant indéniable, la différence se fera donc dans la volonté et les actions mises en œuvre pour opérer ce changement.

Propositions concrètes, opérationnelles, disruptives…

Différents thèmes et préoccupations ont été énoncés par les FF° et SS° ayant participé aux travaux, parmi lesquels : l’humanisme, l’écologie, l’éducation et les médias.

Sur le thème de l’Humanisme les éléments suivants sont proposés :

  • Revoir la place de l’humain au sein de la société, des décisions politiques, économiques et financières.
  • Lutter contre la montée de l’individualisme et mettre la solidarité en avant.
  • Faire passer l’essentiel au premier plan, pour remettre l’humain plutôt que la consommation au centre de la vie de chacun.
  • Continuer d’aider les plus démunis tout en optimisant les ressources et en les allouant sur les actions vraiment efficaces.

Sur le thème de l’Ecologie, les propositions suivantes ont été faites :

  • Remettre les circuits courts au premier plan afin de consommer localement, permettant de soutenir l’économie locale et de réduire notre empreinte carbone.
  • Continuer d’investir dans les énergies renouvelables afin d’accélérer la transition écologique.

Au sujet de l’Education, les points suivants ont été proposés :

  • Mettre l’éducation au centre de la société.
  • Mettre sur un même pied d’égalité toutes les professions afin de ne pas influencer les choix dans l’orientation.
  • Travailler sur une orientation professionnelle en adéquation avec les personnalités et le marché.

Sur le thème des Médias, les points suivants ont été évoqués :

  • Utiliser les médias pour réduire les inégalités d’éducation territoriales.
  • Promouvoir des contenus plus « intelligents » et constructifs dans les médias de masse.
  • Garder l’impartialité des journalistes afin que chacun puisse se faire son opinion, leur travail n’étant pas d’influencer les individus mais de les informer.

Imaginer un rituel collectif qui rappelle que chaque citoyen est important pour la société, et au-delà pour toute l’humanité, et qu’il a ce titre des droits et des devoirs.

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